D E L A L I G U E.
que par humeur, Sc les Loix observées que par acquit , encoreeít-il plus en Fapparence qu’en l’esset. Le lìmplc Peuple , dequi l’efprit n’est pas capable d’une forte ratiocination , Sc qui necroit que ce qu’il s’imaginc, est incontinent traîné au desseinde ces Religieux , qui leur prêchent la révolte pour d u pain ,faisant peur aux débiles consciences , 5c ébranlant les mieuxfondées, par je ne fais quelle menace , qui sert de gehene auxâmes dévotes, d’embuches à la vie des Rois , de troubles auxRépubliques, de matière à la superstition , 5c de scandale à l’E-gliíe, de qui les justes &C saintes armes ne s’emploient jamaiscontre ceux qui la reconnoiíîent Sc vivent fous son étendart,résolus d’y combattre jusqu’à la mort. Y a-t-il rien de plus im-pertinent , ou de plus lâche , que quelques Officiers du Roi,qui aboïans , à sombre des Mitres Sc des Chapeaux rouges ,avec une éloquence plus forcée que naturelle , ôc avec plus dedessein que de raison , jusqu’à cette heure , ont maintenu lesJésuites avec tant d’ardeur, qu’ils embrasoient les paroles desfidèles serviteurs de leur Maître , les convertissant en fumée,lors même qu’il étoit question de la vie du Roi , & que l’onprotestoit contre eux , du peu de compte qu’ils en faisoientpour être en réputation à l’cndroit du Pape , 5c de ses créaturesformelles les Jésuites ? II s’cn faut peu que je ne vous nommeingrates Pies de cette grande cage. J’ai astez de cœur pour l’cn-treprendre , Sc trop pìus de sujet pour l’effcctuer : je vous par-donne en l’honneur de la France , joint aussi , que si vous évi-tez la main des hommes, celle de Dieu n’est sujette à aucuneparalysie. Vous n’aurez point de plus grands ennemis que vous-mêmes , Sc si vos Charges vous affranchissent d’être punis, onne laistera pas devous en juger dignes ; la peine ne fait pas lemartyr, mais la cause, c’est astez que votre intention vous fastepartie , Sc que l’on a vu qu’à tort vous souteniez les Jésuites dela maison desquels , comme d’un Arcénal, est sorti cette piecemaudite, qui en une seule personne, a presque foudroie toutela France, dont se fut ensuivi l’cmbrasement de l’Europe, Scparmi la désolation universelle, ( ce crois-je ) votre ruine parti-culière. Une chose me console , 5c me fait bien espérer : c’estque Messieurs de Paris ont fait une entiere preuve de fidélité ,en ce dernier estai de trahison: car il n’y a eu famille qui ne sesoit réjouie de la conservation du Roi , & de la peine du parti'cide. Les salutations, les feux de joie , 5c les prières faites pource regard , apportent un oubli perpétuel aux fautes passées des
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Discours
SUR LA ECl : S
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