I5-.
Or (’sON deCésar C K E-MONIN.
270 MEMOIRES
versité qui, auparavant qu’cllc fût divisée & désunie , commeelle est aujourd’hui, étoit à comparer non-sculemcnt à celle deBologne, à l’envic de laquelle elle fut établie par ledit Empe-reur , mais avec l’anciennc Académie , &L le renommé Lycée ;depuis , dis-je , que ladite Université vint aulli à être gouvernéepar ladite Seigneurie de Venise , c’est chose qui furpassiè toutesles plus grandes louanges que l’on puiste donner à pas un grandEtat, que le souvenir de Pastection que les Chefs de ladite Sei-gneurie ont apportée à son entretenement ; de la peine qu’ilsont priíc à pourvoir aux occurences , à mesure qu’clles fe fontprésentées; de la diligence dont ils ont usé à procurer son ac-croissement , la gratinant de toutes faveurs possibles , la privi-légiant de tontes fortes d’cxcmptions, Le l’accroisiant de toutesdignités qui lui pouvoient donner autorité. Aussi est-ce unemerveille de penser avec quelle réputation la gloire de la ma-gnanimité de Messieurs de Venise, a passé jufqu’aux Nationsles plus éloignées , à cause de cette Université. le ne dis rien ,Messieurs , que vous ne sachiez tous ; vous , dis-je , qui connoif-fant très bien combien il importe à l’honneur de cette Séré-nissime Seigneurie d’avoir à Padoue une souveraine &L singu-lière Université , en ensuivant les généreuses traces de vos de-vanciers , & votre accoutumée fa geste , l'enrichissiez tous les:jours de bienfaits Lc d’exemptions , & y rassemblez à quelqueprix que ce soit, les premiers hommes du monde que vous pou-vez trouver , pour entretenir son honneur ôc fa majesté. Mais,très Haut Prince , Lc vous très sages Sénateurs , à quoi sert ladiligence prévoyance que vous apportez à maintenir la splen-deur &c la magnisicence de votre College , s’il fe trouve à Pa-doue une race de gens , qui aïant établi un College à leur poste,à i’envie du vôtre , ont déja gâté le vôtre , 6c l’on t entieremencruiné? & autant que vous faites en un jour pour fa grandeur,autant font-ils en un jour pour fa ruine. Vous lui donnez desexemptions & privilèges pour l’agrandir Lc le peupler , eux ,avec leurs inventions , ne pensent qu’à diminuer le nombre quevous essiaïez d’accroître . Ainsi , Messieurs , vous voïez à vospieds votre Université de Padoue qui vient faire entendre sonétat à vos Seigneuries , Se les supplier, qu’en ce besoin extrêmeelle ne manque point de l’affectueufe protection de laquellevous l’avez favorisée par le passie.
Ils vous proposent donc , que les Révérends Peres Jésuitesarant de,leur propie autorité, contre les Loix de vos Seigneu-