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Tome sixième.
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D E L A L I G U E. 303

autre , tantôt du íïeur de Nemours avec six ou sept mille hom - --

mes de ces Gens d’armes de Cadmus ou l’Escot , tantôt de M 93 -l’Armée de Savoie , & de Châalons , où il a été toujours mus- PkiseE é (1) dans la Citadelle avec le sieur de Lartuzie (z) qui en est: Beaunï ’Gouverneur. Somme que toute cette espérance aïant été vaine,

& nagé seulement sur les bords de la coupe de Pandore, aprèsavoir tenu six semaines , à savoir, depuis le Dimanche des Bran-dons , jufqu’au Dimanche de Pâque fleuri , Le pendant cetemps enduré plus de trois mille coups de dix canons & deuxindiennes , dont ils ont été battus; mêmement ce Dimanchejour des Rameaux , plus de deux cens , dont fut fait brèchepour entrer trente hommes de front , & prêts à être forcés parassaut , ils fe rendirent à composition , qui leur fut faite parMonsieur le Maréchal , qu'ils sortiroient armes & bagues sau-ves , les enseignes ploie es, la mèche éteinte, òc sourd tambour,moïennant cinq mille écus qu’ils paieroient pour les femmesqui étoient dans ce Château , quasi toutes parentes de Mon-moyen , à savoir les Damoiselles d’Arconcei & d’Equilli sessoeurs & autres , laquelle composition leur a été tenue. Cetteprise de ces Ville & Château aïant si heureusement succédé,que de tous les Habitans , il n'en est mort que trois , dont en-core les deux furent tués par des Habitans mêmes, pareequ’ilsétoient Ligueurs , 8c sept blessés, qui tous ont été guéris. Lesieur de Vaugrcnan y reçut un arquebufade, à la tranchée, dansla jambe, dont aussi il a été guéri. Monsieur le Maréchal toutaussi-tôt dépêcha vers le Roi un Courier pour l’avertir de la

Í irise de ce Château, qui arriva vers 8a MajeAé à Viftcennes,a veille de Pâques , dont Sa Majesté , reçut une telle joie, quetout aussi-tôt elle fit savoir cette prise par toute la Ville de Pa-ris. Et le lendemain en l’Eglife & Chappelle de Vincennes , fitchanter le Te Deum , comme il fut aussi chanté solemnelle-ment à Notre Dame le Mardi ensuivant , où tous Messieursde la Cour de Parlement de Paris sc trouvèrent en Corps. Com-me , à la vérité, cette prise là est un coup d’Etat en la France ;étant la ruine & la mort du Duc de Mayenne , & de tout sonparti ; car il ne faut point douter que toutes les autres Villesae Bourgogne ne fassent comme Beaune , & ne sc dépêtrent decette tyrannie , & ne les en íauroit le Duc de Mayenne garder,mêmement que les Villes de Nuits òí Château-neuf ne fe ren-dent ; &c encore Autun , où Chizai, qui y commande , pren-(i) Caché, (z) Ou de Lartuiûe.