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Nécessité uï
Ausieur Alexandre de Pont-Aymery , Seigneur de Focheran, Iuerre* e*
Fspaqne.
ÍSÍ"ecessAire torrent d’Eloquence & Vertu ,
Tues seul de ce remps le parfait Démosthcne,
L’Aristide équitable, en la Françoise Athène,
Où tu fais voir Philippe, Sc son Sceptre abattu.
M A I L L r.
Xn A France est: aujourd’hui Punique échaffaud de Mars,où toutela rage du Monde s’est transportée ; nous en sommes la causeSc PefFet ; l’ambition des Particuliers en est la source ; la feintepiété en est le canal, & notre constante inconstance qui neíe peut changer qu’en perfidie, en est le bateau , la rame, lavoile èc le Pilote : le naufrage est universel & la perte com-mune. Ce n’est toutesfois qu’un avant-coureur de plus granderuine, laquelle panche déja fur nos têtes coupables , si nous neprévenons Pire de Dieu, justement embrasée sur notre Etat ,où il ne se trouve personne qui ait dessein de bien faire. IIsemble que la grande liaison dû Roïaume soit dissoute, Lc quechacun doive seulement avantager sa famille; nous en sommesà ce point, lequel donnera bientôt commencement à une lignede malheurs , laquelle ne finira que par notre finale désolation.
Mais pourquoi fuis je tant soucieux du bien & du repos com-mun ? ou pourquoi suis-je plus charitable que je ne dois , vuque je n’affecte aucune gloire de mon travail , & que je nepeux espérer récompense de mon service, les deux fondemensd’un Etat n’étant plus en cet Etat, où les Vautours du bienpublic volent si haut, que leur grandeur ne s’astùjétit point à lavue, ni leur fortune à Pordinaire qualité de ceux qui parvin-rent autrefois? Je crois qu’ils jouent une Comédie de Menan-dre , où il est dit :
Emportons tout de la Maison,
Et n’y laissons pas un tison -,
Car le temps Se Pair la destineA une prochaine ruine.
J’ai dit n’a guères que nous avions fait naufrage; PeíFet enest auísi vrai que Phistoire , & Phistoire en est si véritable, que
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