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Tome sixième.
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Nécessité detaire la

GUERRE E N

Espagne.

^ MEMOIRES

l’excès cn dérobera la créance à la postérité » vu que notre mal-heur est de telle nature , qu’il n’a rien de commun cn ces cir-constances avec la commune chiite des Empires Sc Monarchiesprécédentes. Une feule chose nous reste, ce font les pieccs dunaufrage, vrai est qu’elles font chez les Espagnols; elles y font,dis je , Sc fervent de trophée à leur valeur, Sc de valeur à leurfortune , laquelle n’est puissante que parcequ’elle nous ose as-saillir , elle nous assaut parcequ’elle n’est point astaillie, Scnous a emportés jusqu’à cette heure, d’autant que nous n’avonspoint voulu disputer la victoire , Sc que nous lui avons dresséun trophée de nos propres armes, lors même qu’elle fe vouloirprostituer à l’abandon de notre miséricorde , pour y acquérirpar les larmes ce que fes armes ne lui pouvoient aucunementpromettre. La France est famé du monde, qui n’a mouvementque par icelle ; c’est le petit miroir des Hiérarchies célestes ;c’est la forme estêntielle d’une vraie Sc parfaite Monarchie ;c’est un cinquième Element pour les hommes en général ; c’estun Ciel groíh d’heurcufes influences pour les Habitans del’Europc en particulier , Sc pour le mieux dire , c’est unmonde racourci , où fe trouve le Ecrou des Américains , laSabée de l’Afie , le Tcmpé de l’Europe , Sc le Cynofe d’Afri-que; elle a le Gange Sc le Pactole, Sc mille Tages perpétuels,qui versent l’or en son sein de toutes parts, comme les Cata-ractes du Nil s’épanchent Sc. épandent fur les terres voisines dei’Ethiopic. Elle a feulement disette ( l’oferai-je dire ? ) elle a ,dis-je , feulement disette de François ; je fuis honteux cn unest juste, Sc néanmoins peu séante confession. O que je souhaiteque chacun me faste mentir î ô qu’il me tarde que je fois con-traint de me dédire ! je le souhaite, à la vérité , mais ce n’estpas à l’avantage de notre renommée ; car notre infidélité n’apoint d’exemple que foi-même. L’Histoire Grecque , Romai-ne Sc Barbare nous dément, Sc toute l’anticuité est contrenous , attendu que Cyrus , frété d’Artaxcrxes , Stcroas, de Be-lus, OrondatcSjd’Hirodes, Lyfander, ennemi d’Agesilaus, Bar-fa, d’Anmbal , Sertorius,du Sénat, Cornélius Gracchus, de laNoblesse, César, de la liberté, Pompée, de César, Antoine, d’Oc-tave , Sc Octave, d u même , Othon , Vitelîe Sc Vefpasien ne fefont jamais armés de l’autorité de leurs Voisins , ennemis deleurs Républiques ou Monarchies, non pas même Scipion cilAfrique, lorsque la liberté Romaine étoit oppressée fous latyrannie de Jules César , qui fit renaître les Rois aux Champs