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DE
IRE LAGUERRE E NAGN£.
<?e Pharsale, 3 c pour témoignage dc son eíFort rendit pour ja- 1595.mais les TheíTaliens libres & francs de tribut. Courage, fut- nícessitéil dit au Prophète, il y en a encore huit mille, lesquels n’ont r apoint fléchi leurs genoux devant Baal. II est: impossible qu’ilne reste parmi les cendres de cet Etat quelques tisons allumésqui servira d’embrasemcnt à l’Espagne, dc fanal à notre en-treprise de jour à notre bonheur. La France est chute en sapropre ruine ; mais elle ne s’y est pas accablée; elle vit enco-re , elle respire ; elle soupire plus de la honte que du dommage ;elle peut user dc la repartie que firent les Grecs au grand RoiXerxès brûlant la Ville d’Athènes : » Notre Cité marche avec„ nous, elle se campe en notre Armée : nos courages ne font,, pas consommés avec l’embrasement de nos Maisons: si nous,, sommes fi peu d'hommes, nous avons beaucoup dc Soldats.
Lirons-nous de cette crainte panique , laquelle par les charmesespagnols avoit offusqué notre jugement. La victoire nous estcertaine , le triomphe préparé ; nos Ennemis font en fuite ,la peur est le Fourier dc leur désespoir. Ils seront plutôt dé-faits que vus : ne nous dérobons point ce bonheur; l’aflàillanta toujours le plus de vertu , la fortune est de son côté , l’opi-nion des hommes y est panchée, les astres y versent leur meil-leure influence. Jamais le grand Turc n'a été battu en a sail-lant ; notre Europe le fait, ou il tient plus de Régions qu’ilne nous en reste : la grande Asie l’a éprouvé , ou il tient au-jourd’hui plusieurs Roïaumes , malgré la défensive des Sophis,qui dévoient se rendre Aílaiilans au berceau de leurs inimitiésavec les grands Seigneurs. Les Vies de Cyrus, d’Alexandre ,d’Annibal , dc Pirrhus , Roi des Epi rotes, de César 3 c de tousles Capitaines Romains, ne font g orieuscs que pour avoir as-sailli Aussi Annibal souloit dire à Antiochus : l’Italie ne sau-nait vaincre en Italie ; car la victoire est pour celui qui lacherche le plus loin : 0I1 ! que le triomphe est beau, d u quell’Ennemi a fait toute la dépense. Si tu combats en Asie , tufers de Maréchal de Camp à ton Ennemi ; tes Sujets y ferontVivan liers , & les haies de tes chemins serviront de clôture àson Armée. Si tu combats en Italie , les plus forts y serontneutres , les foibles te íerviront, les ennemis feront en doute,
Peffroi sera tout d’un côté , l’efpérance logera chez toi : si tues vaincu, tu ne perdras que des hommes soldoïés : si tu esvainqueur, tu te feras des Sujets : si l’on ne combat point, laCampagne fera tienne ; si l’on combat, tu as déja la moitié dela victoire , car chacun estime que l’AíIaillant est le plus fort