DE LA LIGUÉ.
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produit que des Tyrans ordinaires , qui font cause de la désola-
tion de la Hongrie , de laquelle ils se sont voulu rendre Maîtres,fur les justes èc légitimes possesseurs , qui ont mieux aimé souf-frir une servitude volontaire , qu’un tant infâme ravissement:de sorte que toute l’Allemagne est aujourd’hui engagée dedansles ruines des Hongres , &c ne peut attendre qu’une mauvaiseissue d’un íì lâche commencement de guerre, où la convoitiseEspagnole a fait perdre la réputation des Chrétiens en général,& le repos des Allemans en particulier. Que faites-vous , Mes-sieurs ? doutez-vous en ce qui est infaillible ? quelle crainte sepeut mêler avec la certitude ? quel soupçon parmi la vérité ? quel-le appréhension ès choses qui font nécessaires ? quel refus où lelofer èc la gloire fe suivent ? il n’y a rien à desirer en ceci que vous-même. La perfection de cet œuvre consiste seulement à vouloirse porter sur les lieux, notre bonheur qui est égaré s’y trouvera ,nos chevances y seront reconnues , <k mes paroles vérifiées Scautorisées.
Avertijsement.
Beaune accula le Duc de Mayenne , lequel depuis ne fit
A prise de
que battre d’une aile , 8c se vit comme au bout de ses espérances, dé-daigné des uns 8c détesté par les autres. Autun , Nuis & finalement Dijon ,ensuivirent Beaune, & se rendirent au Roi, lequel étant venu en Bour-gogne au commencement de Juin , chargea près Sainte-Seine quelquestroupes de Cavalerie du Connétable de Castille, lesquelles il mit en rou-te. Peu auparavant, Vienne en Dauphiné, vendue au Duc de Nemours,par Maugeron , secoua le joug de ce Chef Ligueur, 8c fut réduite sousl’obéissance du Roi, lequel, tandis qu’il s’amusoit à tirer deniers de quel-ques Places de la Branche-Comté, 8c à voïages peu avantageux, perditen Picardie le Castelet, Dourlans, 8c finalement Cambray , Places d’im-portance , prises ès mois de Juin , Juillet 8c Août, au grand étonnementde ses bons Sujets , 8c par la faute de quelques-uns qui pouvoient y re-médier , s’ils eussent voulu. Mais ils ne vouloient pas voir encore la France enrepos : la perte d’hommes & de munitions de guerre fut grande en cesprises. Les Soldats Espagnols en emporterent force butin : le Comte deFuentes 8c ses Capitaines y acquirent autant d’honneur, que Balagny 8cautres, de déshonneur. Le Maréchal de Bouillon , l’Amiral de Villars 8cautres essaïerent de secourir Dourlans ; mais chargés par plus grand nom-bre d'Ennemis, Villars fut tué avec quelques Capitaines &Soldats en bon nom-bre , plusieurs menés Prisonniers dedans Arras, d’où ils sortirent par rançon.Outre ces pertes, peu auparavant le fient de Humieres, Gouverneur de Pi-