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Tome sixième.
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M9Î*

Conversionde PierreCahier.

3iô MEMOIRES

» dcaux. Je ne doute point que Jc tout ne parvienne à sa con-» noissance : lorsqu’il y aura répondu , vous jugerez combien» cette Missive est douce , eu égard à l’atrociré des choses qui« ont été passées fous silence , & dont lors vous ferez avertis.» A Dieu , ne vous laissez emporter à l’hypocrifie de ce faux.» Prophète.

O Pater & Rex

Jupiterut pereat pojìtum rubigine telum ,

Nec quisquam noceat cupido rnihi pacis. At illeQui me commorit ( melius non tangere clamo )

Flebit : 6* infìgnis totâ cantabitur Urbe.

H o r a t. Sat. 1. II.

ONSIEUR.

M

II semble à voir vos lettres , que la Chétienté ait remportéquelque notable victoire fur les Turcs ou Infidèles. MaîtrePierre Cahier , ( dites-vous ) ci-devant Ministre , a depuis peude jours abjuré son opinion , embrassé la Religion Catholique,fait profession publique : lui, qui pendant la rigueur des trou-bles avoir suivi le parti de ceux de la Religion , & dogmatiséen leurs Eglises , même près la personne de Madame, qui estun argument très certain de la vérité de notre créance , puif-qu’elle est reconnue par ceux qui s'en étoient rendus ennemisirréconciliables. Lorsque premierement la nouvelle me fut rap-portée de ce changement, je ne vous puis représenter le comtentement que j'en reçus : il me fembloit que la nouvelle opi-nion , comme vaincue par une force 6c vertu fecrette , fe fûtvolontairement reconnue pour fléchir devant la vérité, ôc quela conversion de ce Ministre, homme plein d’érudition , dûtservir pour convaincre tous ceux de son parti. Croïez-moi, nonfans cause le Poète Grec difoit, qu’une des parties de la pru-dence consiste à ne pas croire facilement toutes choses. Les rai-sons que touchez par vos lettres , font fort plausibles & spécieu-ses en apparence , auxquelles du commencement je me fuis laisséemporter , mais m’étant enquis de plusieurs , qui ont connoif-fance des actions particulières du sieur Cahier, &: des causes

Í >our lesquelles il s’est si subitement changé ; je trouve tant s’enaut que nous aïons de nous esjouir , qu’au contraire , il est àcraindre que l’on ne blâme en nous une trop grande facilité , derecevoir êc admettre aux choses plus saintes, ceux qui n’onc

donné