DE LA LIGUE.
détournées, & converties à son usage particulier? le me fui;certainement quelquesfois étonné , de la dureté du cœur de cet conversionhomme : car étant l’hiver paste à la fuite de la Cour , je me o e Pierrerencontrai à une contestation qui se faifoit contre lui , fur ce ChmíK -que depuis un mois, il n’avoit nourri son cheval, la plupart dutemps , que du pain des pauvres , disant ,. qu’aux lieux où ils’étoit trouvé depuis ledit temps , il n’y avoit que des pauvresPapistes , auxquels ne se devoit distribuer saumoné. Il y avoitune infinité de pauvres , prestes de nécessité , dont la nourritureétoit emploïéc par cet impie après ses chevaux: homme cer-tainement plus digne d’être député au gouvernement des che-vaux ëcd’une étable , que d’unc compagnie de Chrétiens , dequelque Religion qu’ils puistent être. Tout ce que je vous aici-destus reprefenté, a été dissimulé par les Ministres, par unecharité fraternelle , comme ils disent. Mais comme l’impiéténe se peut longuement cacher , il a dépioïé aux yeux de toutie monde, un témoignage inexcusable de sa vie ; car depuisquelques mois en ça , il a été si effronté de mettre entre lesmains du sieur E. un livre par lui fait & composé, le plus im-pudique & abominable que vit onques le jour , pour faire mettrefurJapreste; par lequel en somme il s’cfforce de prouver , quepar la Loi de Dieu , la paillardise n’est point défendue , quesola majlurbaùo inhibita , que la fornication simple n’est pointpéché , que les bordeaux abolis par nos Loix & Ordonnances ,doivent être rétablis. Y a-t-il homme au monde portant le nomde Chrétien , qui ne condamne telles propositions, commedam n ables ? Hélas ! à qui dorénavant pourrons-nous commet-tre en fureté la chasteté de nos familles , si ceux qui en doiventêtre les exhortateurs , détournent les esprits à l’impudicité Lcpaillardise? Aussi les Ministres de Madame , en aïant été aver-tis, par la lecture du livre même , en donnerent avis à son Al-tesse. Elle trouva ces propositions scandaleuses, Lc jugea quelleconséquence elles pourroient tirer : c’est pourquoi clic com-manda à ses Ministres de s’assmbler avec nombre compétent,de ceux des Villes circonvoisines, pour aviser à telle coercitionqu'ils jugeroient à propos. Assemblés à Saint Germain , juf-qu’au nombre de trente , le livre est représenté, lu èc examiné :il est jugé méchant, détestable, & rempli de doctrine scanda-leuse ëc perverse. Le sieur E. homme d’honneur , appelle auConsistoire , jure &C affirme lc livre lui avoir été baillé par le sieurCahier : l’on trouve en outre , que le texte étoit écrit de la