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Tome sixième.
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MEMOIRES

le Sacrement de Confirmation. Et pour avoir une marque nou-velle;, reçut le nom de Victor , de sorte que maintenant il Rap-pelle Victor Pierre Cahier. Plût à Dieu qu’eussiez été présentà cette cérémonie , pleine à la vérité de dévotion de la part du-dit Seigneur Cardinal : mais de doute , défiance Ôc crainte du-dit Cahier, vous lui eu fiiez vû le visage ôc la couleur à tout mo-ment changer, tant est grande la force de la conscience ! Sur lebruit de cette conversion, plusieurs lui ont départi des moïens ;il a été quêté, a touché de grandes sommes de deniers , dont ils’estmis en meilleur équipage qu’il n’étoit auparavant.

Voilà , Monsieur , l’occasion de cette conversion prétendue.Non , l’Eglise n’en peut prendre aucun avantage. Ce n’estpoint un zele de Religion qui l’a poulie à notre rivage , c’est leseul désespoir auquel il s’est vu réduit. NonamorenoJlri.,sed metuimminentis fortutue ad nos confugit. Et fi les Ministres n’euílènt

exercé à 1’encontre de lui la rigueur de leur discipline , il fut en-core aujourd’hui avec eux. Quel roche aux Catholiques , de

recevoir comme entier , celui que les Ennemis ont rejetté , pouçson impudique ÔC détestable vie ! Cette faute nous est ordinaire,pour l’ardeur que nous portons à notre Religion , ôc désir dcréunir toute l’Eglise en un corps , ôc ramener au troupeau lesbrebis égarées. Ainsi Launay (i ) , duquel ci-deíTus a été parlé ,accusé à Sedan où il étoit Ministre , ôc convaincu d’avoir en-grosse une sienne Cousine, ôc pour cette occasion pendu en ef-figie , se retira à la Sorbonne , où il fut embraíle. Ainsi aussiPierre le Roi, dit de Bouillon , Ministre en la Province deNormandie, S c réfugié aux Isles d’Angleterre , où il exerçoitíe Ministère , aïant apporté beaucoup dc trouble aux Eglisesdefdites Istes ; finalement l’an 1593, étant accusé ôc convaincud’adultere , fut déposé de fa Charge , ôc après avoir demeuréa fiez long-tcmps en Normandie , où il s’est plaint d’avoir étéinjustement condamné , ôc a tâché dc se réconcilier avec ceuxde son parti , ne sachant plus où aller, s’est venu jetter entrenous , avec combien d’applaudistèment reçu de nous ? II sem-ble que nous embrassions non tant eux, que leurs vices. Et cer-tainement en ce temps de division , plus qu’en aucun autre ,nous devons examiner les esprits , ôc peser exactement leur vieôc actions passées , avant d’asteoir un jugement solide , de peurqu’il ne se mêle de faux itérés avec nous. Comme un homme deson p aïs , à la vérité ignorant, ôc qui en présomption ne lui cé-

(1) C’est Mathieu de Launay , dont j'ai déja eu occasion de parler plusieurs fois.