Band 
Tome sixième.
Seite
329
JPEG-Download
 

DB LA LIGUE. } i 9

distinction. Intention certainement louable , & pleine de piété ,conforme à l’Ordonnance de ce grand Evêque de Constanti-nople , Atticus, remarquée par Socrate. ( Soc. Hijl. Eccle. 7. c.2.<j. & Hijl. Tr il. 12 .c. 1.) Lequel envolant à Calliopius, Prêtreen l’Eglise de Nice , quantité de deniers pour distribuer aux pau-vres , lui écrit en ces mots. Noli igitur vel Religionem in hacparte conjìderare , sed unam tantummodo rem observa , ut mariasindigentes , nec cogites fi quce nofira fiunt fapere non videntur. CetApostat qui a préféré son cheval aux Fideles de notre Religion,qu’en pouvons-nous attendre que de l’aigreur , des partialités?Et je vous prie considérer son geste , son visage , cette parolearrogante , ce port plein de faste , montre certainement uneame jettée hors du siégé de la raison. Quoi , cette grande che-velure , cette barbe touffue mal ordonnée , que montre-t-elleautre chose , qu’une ambition feinte, couverte du manteau desimplicité ? Le geste & le maintien , est le miroir de l’ame. SaintAmbroise remarque, Off. r. c. 18. n’avoir pas voulu recevoirin Clerìcum , un jeune homme que l’on lui recommandoit, quodgefius ejus plurimum dedeceret : & ajoute , avoir éloigné de saprésence un autre , quia velut quodarn insolentis incejfus verbere ,oculos ejusferiret. Ce grand personnage, avoir assis son j ugementsur la mauvaise façon ael’un , 6 c sur l’arrogance del’autre. II n’yfut pas trompé : l’un &; l’autre (dit-il) abandonnèrent l’Eglise.Afin que la perfidie de l’esprit parût telle , comme elle étoit dé-peinte par le visage, l’un embrassa l’Arianisme , l’autre pendantîa persécution , Sacerdotem Je negavit. Croïez ( Sc Dieu veuilleque je sois mauvais Prophète ) à la moindre secouíle de la for-tune , ou changement des affaires , il retournera à son vomiíîe-ment , ainsi que le Ministre Desrosiers , lequel après la saintBarthelemi, estimant toutes choses désespérées pour son parti,se rangea du nôtre , fut avec Maldonat envoie vers la Dame deBouillon, 6 c depuis la liberté de respirer aïant été donnée àceux de la Religion, se retira du Roïaume, fit abjuration entre lessiens. II s’étoit jette avec nous , comme à l’abri, pendant la tem-pête publique , 6 c jusqu’à ce que le calme ôebonnace apparut.Ce qui me fait soupçonner le même en Cahier, étant son natu-rel ambitieux , 6 c le peu d’ardeur qu’il porte à la Religion. Lesparoles par lui tenues avec le sieur de la Rocheguignon , depuisun mois , servent d’un témoignage très aíïuré. Car étant tom-bé en discours fur fa conversion, il s’oublia tant de dire , queh Religion du Prince étoit le seul exemplaire, auqueî se doi-Tom c VI. T t

159 ?-

CoNvmsiONd e PierreCahier.