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Conversiond e Pierre■Cahier.
MOIRES
n’aïant amitié ou société plus étroite, qu’aveC
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fous le Ciel
l’Empirique l’Estoille , qui ne crut oncqucs en aucune chose,moins qu’en Dieu. La vie de Cahier a été autrefois tachéepour la Magie 8c Sciences occultes , auxquelles il s’est fortadonné ; témoins les confections de nativités si fréquentes , 8c.les jugemens par lui tant célébrés, rendus au feu sieur de la Ro-chefoucaut , fur l’iíTue d u siégé de la Rochelle , &. du votagedu sieur Stroíle en Afrique. Jufqu’ici ce n’ont été que plaintes,appuïées fur simples conjectures ; mais la fréquentation 8c do-mesticité de ces deux hommes, est: une preuve certaine , dontje vous pourrois toucher les effets, si la honte 8c l’atrocité ne m’endétournoient. Quoi que ce soit, aïant pour les prémices de fa con-version accueilli une maladie, qui l’a tenu entre les mains desBarbiers l’efpacedesix semaines , il s’est, à la vérité , retiré en unautre lieu ; mais voïez quelle a depuis été fa forme de vivre :comme il est adonné à son ventre , il sc jette effrontémenttous les jours à la table de Monseigneur le Révérendilsime Car-dinal, ou de Monsieur du Mans, son parain , lesquels il diten toutes compagnies , être de tous les Ecclésiastiques les plusassurés Catholiques , d’autant (comme j’estime ) qu'ils tiennentla meilleure table , 8c font les plus éloignés de la parcimonie& jeûnes des Ministres. Si quelquefois la table de ces deuxbons Prélats lui défaut , avec impudence il entre chez ceuxavec lesquels il espère faire meilleure chere , les entretenantdes vaines révélations , qu’il dit avoir précédé fa prétendue con-version, n’estimant pas qu’il y ait aucune autre plus grande fé-licité en ce monde , que d’étaïer son ame d’un corps bien nour-ri , 8c mettre en pratique ses discours fur la restauration desbordeaux. Ne pensez pas, je vous supplie , que la nécessité lecontraigne à cette turpitude : c’est une pure 8c honteuse ava-rice , qui le détourne du chemin de l’honneur. Car peu aupara-vant qu’il sortît du logis de Madame , il toucha la moitié desdeniers procédons de la composition d’un Office de Maître desRequêtes, dont le Roi lui avoir fait don en faveur de Mada-me , 8c depuis peu encore a reçu quatre cens écus de Rouen ,qu’il a mis en rente, fans plusieurs autres dons 8c libéralitésimmenses. Ces deniers ne font que des appas pour ouvrir l’ap-petit à son avarice , qui ne se rassasiera jamais, que par la jouis-sance de quelque grande 8c riche Abbaïe, pour parvenir enfína un Evêché : tel est son but. Je pourrois vous représenter la vieplus sécrété de Cahier, qui servit une histoire vraiment prodi-