37* MEMOIRES
-7“— i. Rois i%. Certes notre Dieu vaut bien qu’il soit servi de corpg
T ^ * Sc d’ame, lui qui a créé tous les deux, Sc racheté tous les deux, 6 Cl“Archede p OUr t a nt est extrêmement jaloux de nous d’une sainte jalousie.*' Car de fait, qui craint Sc sert le Dieu vivant Sc éternel ainsi à
lalegere , le méprise , Sc lui fait déshonneur , dit Fulgcnce,AdTrciJymund. A cette estènee infinie , éternelle , d’où dépendtoute notre félicité , qui fait mourir Sc vivre , qui établit lesRois , Sc les dépose de leur siégé , Sc devant le trône judicialduquel il nous faut tous comparoîtrc. Mais il me semble oui run tas de gaudisteurs, qui diront; un tel a beau nous prêcher,qui est en Allemagne loin de la tempête , Sc qui n’a à perdredes terres , des maisons Sc. grands revenus , Sc pourront pos-sible quelques-uns alléguer ce que dit ce Poète Païen Lucrèce ,Liv. 2 .
Suave mari magno, turbantibus aequora vends ,
E Terra magnum alterius speófcare laborem.
C’est-à-dire, doux cst-il Sc plaisant, grosse tempête se levantsur la mer , de regarder de terre à pied sec l'iníortune Sc letravail des autres , qui voguent fur la mer. Mais à cela je ré-ponds , que l’avertistement que je donne de suivre le bon parti,de cheminer rondement devant Dieu , de chercher fauveté enla barque Sc en l’arche , plutôt qu’aux flots écumeux , n’estpasmien ; mais de la parole de Dieu , de tous les sages , de tousceux qui ont le vrai honneur Sc leur salut en rccommendation.Et même ce pauvre Poète Païen que j'ai allégué , ajouté un peuaprès ; que c’est bien encore plus grand contentement, quandpar l’adrefle de sains enseignemens on se tient ferme au tem-ple de la vertu , Sc comme a un lieu éminent, on voit ce pauvreSc misérable monde qui s’égare en tant de fortes après les désirscharnels Sc vanités de ce monde. Bref, nous savons , Dieumerci, que c’est que de tempêtes Sc orages , Sc nous y sommestrouvés à diverses fois. Mais s’il est question de pertes, y a-t-il perte plus grande , Sc de plus grande conséquence , que deperdre sa pauvre ame ? Que profite-t-il à l’homme , s’il gagnetout le monde , difoit Jesus-Christ , Sc qu’il faste perte de soname ? Matt. io. Ou que donnera l’homme en récompense deson ame ? Où est Christ, ton Roi, dit Saint Basile ? lnprologoAjceticor. ferm. Est-ilpas au Ciel ? Guinde là ton vol, tes désirs,ton affection , adreste-là ta course , oubliant les choses terres-