DE LA LIGUE. 373
tres, appréhende les biens éternels & les délices perdurables. Orne veux-je entrer plus avant en cette matière, pource qu’il enfera parlé ci-après un peu plus exprès ; mais j’ai voulu seule-ment entamer ce propos , pour vous montrer qu’en ce traitéj’ai non-sculcment égard aux forts , qui par la grâce de Dieu neíe laissent emporter à tous vents, lesquels je loue grandement,& les louant, les veux confirmer de plus en plus ; mais aussi auxinfirmes, qui pourroient être ébranlés , tant par la longue duréedes tempêtes , que par les appas de ces déguiseurs & sophisti-queurs, qui veulent fondre, ou plutôt confondre une telle Re-ligion , qui soit un métal, qui n’cft ni argent ni étain , ains uneécume & lie pleine d’infcction. Or ce , grand Dieu, qui vousa éprouvé comme le bon or par le feu ôc par la fournaise de main-tes maintes afflictions , & vous a régénérés en une espé-rance vive, & donné son esprit, qui sait discerner les esprits ,vous veuille journellement fortifier Lc allure r , asm qu'un jourvous relussiez au Ciel comme les étoiles du firmament, & aïantvaincu le monde par une ferme foi & constance , remportiez lacouronne de gloire, par Jcsus-Christ notre Seigneur. De Hei-dclbcrg, l’onzieme jour de Juin i 596.
Daniel Toussaint , jadis Ministre de laparole de Dieu à Orléans.
Chapire premier.
D ’où les déluges de maux viennent , & des étranges ravines quise sont dégorgées fur la France.
O n dit coutumierement, que c’est demi guérison de con-noître la source & cause de son mal. Et pourtant n’y a-t-il rienà quoi Satan s’étudie plus qu’à nous bander les yeux, pour nevoir la cause de nos miseres , ou nous rendre stupides pour neles sentir. Chacun crie , chacun se deult Le lamente, Le n’y acelui qui ne discoure des miseres de ce temps , Le ne perdequasi patience pour ces déluges qui durent bien plus long-tempsque celui du temps de Noé , lequel ne dura que cent cinquantejours. Mais il falloit se souvenir de ce qui est dit au troisièmechapitre des Lamentations de Jérémie : Pourquoi se dépiteroitou reroit beaucoup de complaintes l’homme , cjui est cause deson malheur par ses péchés ? Recherchons plutôt nos voies , ôc
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L’Arche dsNoé,