D E L A L I G U E. z8;
est nécessitas delinquendi , quibus una est nécessitas non dellnquendi.Ea matière de Foi, dit-ii, 6c du ícrvice de Dieu , ii ne Faut ja-mais alléguer la nécessité , pour faire chose contre notre devoir : fvu qu’il n’y a rien tant nécessaire, que fe garder d’ossení'er Dieu,qui a puissance fur les corps Sc fur les âmes, Sc qui, à tous mo-rne n s nous peut abîmer.
Gardons-nous donc des conseils des nageurs entre deux eaux,Sc de ceux, qui voulant être plus sages que Noé, pensent segarantir, ores qu’ils n’entrent point dans l’arche, 6c lesquels,par leurs conseils, introduisent des déluges, qui troublent lesconsciences, 6c attirent de nouveaux déluges de l’ire de Dieu.Gardons-nous, dis-je , de ceux qui n’aïant pas l’arne droite,voudroient que chacun clochât comme eux , 6c lesquels ensomme prennent conseil, non de l’esprit de Dieu, mais de lachair, Sc s’imaginent des idées Platoniques, & ce qui est argu-ment de frénésie, veulent être guéris fans le vrai Médecin, 6cfe relever de leurs misères , tournant le dos à celui seul qui leurpeut tendre son bras fort, pour les en développer. Arriére telsaccords , n'accordant avec la vérité céleste ; arriéré ccs accords ,semence de mille discordes pour une, Sc accords imaginés,non par hommes accords, maisvecords, ainíl que parlent lesLatins , c’est-à-dire, couards 6c lâches de cœur ; qui me fontsouvenir de ce pernicieux accord , que quelques garnemens, en-nemis de la vérité, amis des Eutychiens, anciens Hérétiques,vouloient drestèr contre le sacré Sc général Concile de Chalce-doine , du temps de ce vrai Basilic de nom Sc de fait, lequelniant dépossédé pour un temps l’Empereur Zeno, fous ombre depaix 6c de concorde , faisoit la guerre aux gens de bien, & àceux qui tenoient le parti de Léon , Evêque de Rome, Sc duConcile de Chalcedoine. Mais quoi ? la France est pleine d’es-prits frétillans Sc présomptueux, de personnes si recrues de cettelongue maladie, que la premiere Sorcière & diseuse de bonneavanture qui se présentera , le premier empirique Sc vendeurde triade qui promet guérison, sera oui de plusieurs , fans con-sidérer ni quelle vocation un tel aura à mettre en avant chosede si grande importance , ni s’ii fera avoué des deux parties, nis’-il y a rime Sc raison en ce qu’il dit , ou s’il fe trouve en PE-criture 8c si Dieu Papprouve. Ne purgerois-je point ces choses-là , dit le Seigneur par son Prophète Jérémie , & mon ame nese venger o it-elle pas d’une Nation qui est telle ? Chose pours’é-k^hârjSc pour en avoir horreur. Quand il y a des Prophètes quiTome VI. Ccc
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L'Arche c c•îoi.