MEMOIRES
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Avertissement.
^ , ous inférerons en ce commencement de l’an 1597 le Livret quis’enfuit, contenant plusieurs notables particularités pour l’Histoirede Franceen ce temps. Ace Livret fut opposé l an luivant une lor gue Satyre , laquellen’avons estimée convenable , rant pour fa prolixité calomnieuse, que pourautres considérations , d’être ajoutée ensuite du Livret, drtlfé par avis ÔCcommandement de personnes notables.
PLAINTES
DES EGLISES REFORME’ES DE FRANCE ,
Sur les violences & injustices qui leur font faites en plufeurs en-droits du Roiaume , & pour lesquelles elles Je Jont , en toutehumilité , à diverses fois adressées à Sa Majefé.
Xl n’y a si forte patience qui ne rompe , à se voir long-tempsLc fans relâche violentée ; St le moindre , le plus naturel effet del’impatience , c’est la plainte du mal qu’on souffre : n’aïant lanature voulu faire l’homme du rang des créatures du toucdépourvues de sentiment. De tout temps aussi on a cru que lamoindre liberté est celle de la langue ; la derniere cruauté , la
Î ilus désespérée tyrannie , vouloir étouffer les soupirs, empêcheres gémissemens des oppresses. On ne sauroit donc trouver mau-vais , que nous, qui faisons profession de la Religion Réformée,& avons tous ce bien d’être nés dans la France, Roiaume de fanature le moins rigoureux qui fut onc , Lt dont les Sujets jouis-sent d’autant de liberté qu’il se peut , venions à faire ouïr nosplaintes fur tant d'outrages , violences ôc injustices qui nousfont faites tous les jours , &; faites non point ici ou là , mais entous les endroits du Roiaume , faites en un temps , fous unrégné, qui moins en avoit d’apparence , qui plus nous dévoied'efpérance. Que plut à Dieu , que ceux qui ne font pas mieuxFrançois que nous, fe fussent contenus en modestie & amitiéfraternelle, ou au moins civile avec nous, comme nature , com-me Dieu même les y avoit obligés. Nos déportemens passés , cet-te longue & opiniâtre patience, que nous avons montrée à souf-frir tout ce qu’on a voulu nous dire Lc faire , fuffit-elle point