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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. 419

pour enseigner combien nous nous tairions volontiers ? Notreconscience aussi nous rend un témoignage véritable, 6 í plein deconsolation ; que bien que ce ne soit, ni pour néant , ni pourpeu, que nous nous écrions, encore est-ce à regret que nousdécouvrons au monde ces hontes de notre patrie : que nous sai-sons voir que ces François , quidéja l’espace de plus de trente-cinq ans, ont tant bu de notre sang , n’en sont pas encore désal-térés. Et Dieu veuille qu’à ce coup au moins nos plaintes puissentprofiter; Dieu veuille qu’elles puissent percer ces oreilles quijufqu’aujourd’hui ont été si farouchement bouchées à nos gé-miílèmens , puissent amolir les cœurs de ceux , qui bien quecompatriotes , ont tant haï notre conservation , quelque con-noissànce que leur ait pû donner le passé , que nous ne saurionspérir qu’en leur compagnie, ne pouvons être enterrés que dansles masures de l’Etat. Dieu veuille , que ces cœurs, voïant dansnos plaintes l’horreur des cruautés qu’ils nous ont fait souffrir,qu’ils nous font tous les jours souffrir , qu’ils nous menacentencore de nous faire plus long-temps souffrir , viennent à seressouvenir qu’ils font hommes , Le font François , faisant pro-fession particulière de courtoisie , d’humanité. Et pour noustourner du côté où notre devoir , notre affection nous poussele plus. Dieu veuille, Sire, que Votre Majesté écoutant cesplaintes, comme nous espérons qu’elle fera ; puisque c’est le prin-cipal de sa Charge , ôt y voïant les étranges inhumanités d’unepartie de vos Sujets contre nous, à qui on ne peut refuser le mêmenom , ni la louange de très affectionnés Sí fidèles à votre service,prenne une bonne résolution de nous en dégager , de mettreune fin à nos maux. C’est le plus grand bien que nous désirons,& si notre désir ne nous trompe , que nous attendons d’elle.Nous ne sommes, ni Espagnols, Sire, ni Ligueurs, & n’avonspas si peu servi Votre Majesté , si peu servi cet Etat contre lesEspagnols , contre les Ligueurs , que nous méritions d’être àjamais misérables. Nous avons eu cet heur de vous voir peu s’enfaut naître & bercer , au moins élever parmi nous ; avons em-ploïé nos biens , nos vies, pour empêcher les effets de la mau-vaise volonté de ceux , qui dès votre berceau, cherchoient vo-tre ruine ; de vous avoir par la main conduit au trône où Dieuvous a fait seoir enfin ; avoir encore avec vous , & fous votresage ôc vaillante conduite , fait les principaux efforts à la con-servation de la Couronne, qui, grâces à Dieu , est maintenantfur votre tête , ôc contre laquelle s’étoient ligués ceux qui bons

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Plaintes

DES EgI-ISFS

re’forme’ïs.