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Tome sixième.
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soeur unique du Roi, s’abaisser jusques-là. Qui l’eut jamais cru?que les François se laissnsient pouster à l'animosité jusqu'à neporter aucun respect à une telle Prince île ? Et on appellera celavivre en paix ?

Mais s’étonnera-t-on qu’ès lieux où ils pensent avoir toutepuislancc , Sc rien ne nous être permis, ils nous traitent à leurdiscrétion, & leur discrétion soit si insolente, puisqu’ils nepeuvent nous laiííèr en repos ès lieux mêmes où la liberténous est donnée ? La Ville de Montagnac la devoit avoir touteentiere par l’Edit de soixante-dix-sept. Les Habitans de con-traire Religion ( qui pourtant ne font pas le plus grand nombre)firent tant envers M. Je Connétable , lors encore Maréchal deFrance, qu’il ne leur fût plus permis que de faire les prières ,comme ils ont toujours depuis continué, tout publiquement. Orpour le faire avec quelque commodité , ils s’acquirent un petitlieu , où le feu n’avoit Jaiste que les quatre murailles ; depuispeu de temps aïant pris envie ci’y faire un couvert pour fe défen-dre des injures du temps , on n’a voulu leur permettre, Sc ontété empêchés premicremcnt par des lettres de Monsieur le Con-nétable , puis par le commandement fait de la bouche deMonsieur de Vantadour. Monsieur de Nemours venant trouverSa Majesté avec troupes; un de ses Régimens , conduit par lesieur de Nerestan , força de nuit la Ville de Marchevoir , enBeauce. Après que les Soldats furent logés , la Maison , Ser-gent-Major, les conduisit au lieu destiné au Prêche, d’où ilsenfoncèrent la porte à, coups de pétard. Entrés qu’ils y furent,ils mirent la chaire en pieces , fracaslerent bancs Sc escabelles ,& ne pouvant pis , firent Sc ramasierent dans le lieu toutes lesordures qu’il leur fut possible. Semblablement bien que Monsieurde Guise ne puiíle nier , qu’il ait été introduit dans la Provencepar l’assistance de ceux de la Religion , si est ce qu’il n’y a indi-gnité que ces troupes ne fassent à tous ceux qu’ils découvrentêtre de ce nombre. De fait fa Compagnie de Chevaux-legerslogeant àLormarin, entre les rudesies qu’on peut s’imaginetqu’un chacun faisoit à son Hôte , par trois fois ils ont brisé lachaire , fait du temple une étable à chevaux. Dernierement ilsbleslerent grièvement le Maître d’Ecole , qu’ils prenoient pourle Ministre, puis le jetteront dans un étang avec sept ou huitdes principaux du lieu ; ce que voïant le reste des Habitans , Sccraignant pour eux-mêmes, s’enfuirent dans les bois. A Roche-Chouard , en Poitou , comme on se fût assemblé selon la coutu-

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