Band 
Tome sixième.
Seite
440
JPEG-Download
 

1 597*

Plaintesdes EglisesRe'eorme’es.

440 M E M O I R E S

me dans la Maison dc Ville , a u nombre de bien quinze cens per-sonnes , pour célébrer la Cène ; ceux du Château lâchèrent autravers de cette maison deux coups de piece. 11 y a un petit Villa-ge en Velay , nommé Saint Voy de Bounas , où de tout tempss’étoit fait l’exercice , jusqu’aux malheureux Edits de la Ligue ,en l’an quatre-vingt-cinq. Au mois d’Octobre dernier, les Ha-bitants C qui sont presque tous de la Religion ) pour essaïer à soremettre , puifqu’ils voioient révoqués les Edits par lesquels leurEglise avoit été dissipée, s’astemblerent en nombre de quatrecens personnes, en intention dc prier Dieu , délibérer desm oie n s de recouvrer un Ministre, le leur étant mort au com-mencement de ces troubles, & d rester une requête au Sénéchaldu Velay, ou à Monsieur le Duc de Vantandour, LieutenantGénéral en Languedoc , à ce que ceux du Puy ne les troublassenten leur liberté. Sur cela arrive un nommé Isaac Salles à cheval,qui fendant la preste, va droit à Isaac Osty , jeune homme,qui faisoit la priere , essaie de le tuer d’un coup d’Escopette ;mais elle n’aiant pris feu , il en tourne le talon , &í en blestegrièvement ce jeune homme , qui se sauva à la fuite , Salles seretirant sans autre dommage , qu’une bien légere blessure furson cheval. Osty en fait informer ; en haine de quoi, commeun jour il fut allé au marché à Insingeans , le Curé &. les Prêtresdu lieu, avec quelques Hahitans , se ruerent sur lui, Le de leurautorité privée , sans informations précédentes, fans commis-sion , le constituent prisonnier , puis par le Lieutenant du Pré-vôt le font conduire au Puy. Le vingt-souitieme jour de Marsdernier , on brûla la chaire, les bancs £c les logis du lieu oùs’astembloient ceux de l’Eglise de Caen , beau présage de cequ’ils minutent contre les personnes, si l’occasion s’en peutprésenter. Mais la piteuse histoire de la Chastagneraie est remar-quable entre toutes. La Dame du lieu, avec les en fans, indi-gnée que les Habitans eussent liberté de s’assemblcr non loin de-là , en un lieu hors de fa Juridiction , nommé la Brossardiere ,appartenant au sieur de Vaudoré , Gentilhomme de la Reli-gion , qui le prêtoit à ces pauvres gens , & à grand nombred’autres, qui y accouroicnt de trois & quatre &í cinq lieues à laronde; cette Dame donc sollicita tant ceux de la Garnison deRochefort, qui tiennent encore aujourd’hui pour la Ligue,qu un jour enfin ils so ruerent sur cette innocente troupe, avectelle cruauté ôc barbarie , qu’il n’est pas possible que les cheveuxne hérissent à qui cn fait quelque chose. Les vieillards, lesferm-. mes,