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PLAIN'TÏS
SES Ec.hses
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4f 8 MEMOIRES
reprochant notre défiance, feulement pour maintenir leur gran-deur, demandent tant d’appointemens. Ce font ceux-là, quifont que la dépense des Garnisons monte jufqu’à trois millionsd’écus , comme il fut vérifié en i’astemblée de Rouen, en mê-me instant qu'on vérifia aussi notre innocence , quand on fit pa-roître à ceux qui crioient que de cette grande íomme nos Gar-nisons emportoient le tiers ; qu’ils fe mécomptoient par trop, &cqu’il n’y en avoit point deux cens mille écus entiers , c’est-à-dire pas la quinzième partie. Qu’cst-ce donc qui nous en faitparler ? le danger que nous voïons tout assuré , tout prêt d'êtremisérables. La Garnison n’a point été plutôt chaíTée d’Efper-nay, que’le Prêche en fut aussi banni ; mais on l’y a rétabli , furles plaintes qui en furent faites. Les murailles de Janville nefurent plutôt à bas , que nous voilà réduits à n’y voir plus deReligion. Et à votre avis, feroit-il aussi bon prêcher à Monfenis,depuis que le Capitaine des Hafars s’en est rendu maître, com-me auparavant? Le sieur de Vitri tout-à-coup acheta le Domai-ne du Roi en la Comté de Meaux , & fit défenses à un Gen-tilhomme de plus prêter fa maison aux Habitans de Meaux poury aller au Prêche. Les prières publiques qui fe faifoient à Boif-gency & Mondoubland , en Vendômois , ont cesse depuisqu’ils ont été acquis par les heurs de la Chastre fk. de Sourdi.Le Parlement d’Aix, en exécution des deux Arrêts, par les-quels il forclot la Religion de toute la Provence, a fait com-mandement aux sieurs de Tartone , d’Epinoufe & de la Breole,d’abattre toutes les défenses de leurs maisons. Et quelle assuran-ce nous donne-t on que Monsieur de Mayenne nous souffriraen liberté dans Castiilon Lc Chasteìleraux , si une fois il en estmaître ? II y va donc de notre intérêt, il y va de la liberté denos consciences , il y va de notre sûreté en la garde de cesPlaces.
Quand on eut fait résoudre Sa Majesté d’aller à la Meíle, illui plut de convoquer à Mantes, les Eglises par leurs députés ,auxquels il fut promis qu’on ne traiteroit aucunement avec lesLigueurs à notre préjudice , non pas même fans nous y appel-ler. Et en fut fait une forme de ferment couchée par écrit , 6clignée par Messieurs les Princes du Sang , ôc nos Seigneurs duConseil, qu’on fit courir par toute la France. Qui a vu les effetsde ce ferment ? quel semblant a-t on fait de s’en ressouvenir àdeux jours de là ? On a traité depuis avec Paris , Meaux, Or-léans , Bourges, Rouen , Lyon , Toulouse, le Puy, Périgueux,
Poitiers,