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Plaintesdes Eglisesxí'îorme’ís
45* MEMOIRES
mettre de penser à notre Dieu , à notre salut, à notre conscien-ce , ni en public , ni en secret , ni à par-nous, ni en compa-gnie ? Mais qui croiroit qu’àl’heurc même de la mort, on nousrefusât notre consolation ? Le sieur de la Brousse étant condam-né par le Parlement de Bordeaux , ne sut onc obtenir d’êtrc af-filié de quelqu’un de la Religion ; ains rut forcé d’endurerqu’u n Cordelier Raccompagnât (i). A Saint Quentin s’étanttrouvé un homme qui de la rue en confoloit un autre frappé depelle, il fut soudain chassé de la Ville. A Monfrin , au Diocèsed’Usez en Languedoc j un Ministre étant venu visiter un pau-vre homme qui se meuroit , peu s’cn fallut qu’il ne s’émût unesédition : & de fait cette œuvre pie fut ainsi empêchée. Les Editsprécédens dont on fait si grand cas , lorsque nous demandonsqu’on pourvoie à nos maux , nous octroient toute liberté deconscience , pour n’être tenus d’alsistcr aux Processions , de ten-dre ct parer le devant de nos Maisons , de nous découvrir de-vant les Croix , prosterner devant les Chastes &. Banieres , decontribuer aux bâtimens & réparations des Temples ct Prefbi-tercs ; ni aux Confrairies d’être Marguilliers ; en somme nousoctroient de ne pouvoir être contraints à rien de ce qui contrarieà la Religion dont nous faisons profession ? & est au dépens de cel-le à laquelle nous avons renoncé. On veut que nous nous conten-tions de ces Edits ; nous diíons qu’il n’est pas raison que nousempirions de beaucoup notre condition. Mais fans tant débattrepour cette heure , ct plus avant, puifqu’on veut que nous nousen contentions ; au moins devroit-on faire semblant de vouloirles observer. Car y a-t-il quelque raison , par laquelle on puistènous persuader être juste, qu’en ce qu’ils restreignent nos droitsils soient en vigueur, & en ce qu’ils ont de favorable pour nous,ils n’aient pouvoir d’obliger nos adversaires ? Qu’ils aient bienastez de force pour nous empêcher de prêcher dans Paris , Or-léans , Lyon , & une infinité d’autrcs lieux , ct soient toilesd’araignées pour ceux qui nous violeront la foi qu’ils nous pro-mettent ? Si font-ils paroître de le croire ainsi. Et de fait, le Pré-sidial d’Angers a fait des commandcmens très exprès, ct fur griè-ves peines , d'alsister à la Procession qu’ils appellent du Sacre. A.Bordeaux , Tours, Blois, Angers , Xaintcs , Cognac ct ailleurs,^onfait tous les jours des poursuites contre ceux qui ne tendentau devant de leuis maisons , & les condamne-t on fans difhcul-
(i) Ce Cordelier lui avoir été donné pour rinílruire & lui persuader de reconnoîtreses erreurs & d’y renoncer.