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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. 45 r

le Sergent Major de Meaux, allant parla Ville à neuf heuresdu soir ,& entendant qu’on chantoit dans une famille , montaau logis , &. à grands coups de bâton outragea cruellement leMaître , avec menaces de pis s’il ne désistoir. Et cela à deux pasprès'de Sa Majesté, par maniéré de dire ; car elle étoit à Mon-ceaux , 5c près de lui les Députés de l’affemblée de Lodun ; auxplaintes desquels il fut répondu,qu’elle en parleroit audit SergentMajor. A Angers, un Marchand nommé Israël Durand , enfut emprisonné 5c condamné à je ne sais quelle somme. A Be-ziers, auífi un Tailleur : à quoi on ajouta encore le brûlementdes ? seau mes par la main du Bourreau. Or , afin qu’on connoisise mieux l’animosité , l’indignité , l'injustice ; ce sont les mê-mes Pseaumes qui sc chantoient en Cour tout hautement , de-vant qu’on sût que nous en cuisions pris l’usage en nos Astem-blées. Ce font les mêmes Pseaumes qu’on chante encore aujour-d’hui fous les vers de des Portes , ou du Perron. Les mêmesqu’on chante en latin dans l’Egliíe Romaine. Ce font enfin 5cpour monter plus haut , les mêmes Pseaumes que David chan-toit au Seigneur (i). Et pour combler de honte notre France,les Pseaumes font défendus. Qui reprend les chansons propha-nes, impudiques, vilaines ? on les toléré ; 5c tolérer seulement,plût à Dieu , qu’on ne les louât point , qu’on ne les admirâtpoint. A Ncvcrs au mois de Juin dernier , un pauvre fréteur dechanvre, nommé Antoine Bermont , s’étant découvert à unsien serviteur être de la Religion , fut mandé par les Echevins ,qui après savoir enquis s’il se faisoit point d’aílèmblée dans leurVille, ou au Château, Sc n’en aïant pu rien apprendre , en-voïerent en son logis íaifir ses livres , fa Bible, son NouveauTestament, ses Pseaumes , dans lesquels il cherchoit son ins-truction , qu’on ne lui permettoit de prendre en l’Astèmblée,plus près qu’à Sancere. Le Parlement de Rennes a non-fcule-ment défendu l’exercice , mais auíîì curieusement recherchéceux qui tenoient des livres concernant la Religion , faisant parmêmemoïen défenses fur peine de la vicd’en imprimer , vendre,ou tenir aucuns. Ceux du Parlement de Bordeaux ont pis faitencore ; car tout publiquement par un Arrêt , par les mains duBourreau, ils ont fait brûler la sainte Bible , eux qui souffrentvendre en toute liberté toutes fortes de livres méchans 5c pleinsd’impudicité. A quel désespoir nous réduit-on de ne nous pér-

il) Les prétendus Réformés ne fe servoient que de la très mauvaise traduction de dé-firent Maiot Sí de Théodore de Beze, laquelle est au moins ridicule.

Lili]

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Plaintes

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