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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. 459

ment daigné y répondre. A la ViiJe de Poitiers, combien a-t on donné de peine à un nommé Maître Antoine de la Du-guie, pour avoir une place entre les Docteurs , Régens en Droit ?Et toutesíois son pereavoit heureusement & longuement, c’est-à-dire, par l’espace de quarante ans servi l’Acadfémie , & mou-rut Doïen de la Faculté 8cpremier Echevin de la Ville, tou-jours ferme en la Religion qu'il a laiffee à son fils ; le fils même,de son chef, étant plus ancien licencié, 8c aïant au soulage-ment des Docteurs , fait des lectures publiques depuis vingtans. Et pour accroître l’indignité, comme en dépit de ses pour-suites , deux Ligueurs lui ont été préférés ; l’un desquels est pré-venu de l’astàssin du Sénéchal de Montmorillon. Après toutespeines prises, beaucoup de temps perdu, il a seulement étéreçu à sa dispute. A Orléans, on a fait défenses aux Régens& Maîtres d’Ecole de recevoir aucuns enfans , de ceux quisont profession de la Religion ; 8c commandement de renvoïertous ceux qu’ils avoient dé j a reçus. Veut-on donc nous con-traindre à ignorance 8c barbarie? Ainsi en faisoit Julian. Lamême animosité fait qu’en la même Ville d’Orléans, on re-fuse nos pauvres à saumoné générale, quoique la vérité soitque les Habitans qui font profession de la Religion, y sonttaxés extraordinairement 8c plus que les autres. A la Charité8c à Cosnc , on ne veut nous permettre seulement shabitation ;8c en a-t-on chaste , sans autre formalité , 8c de la feule au-torité de feu Monsieur de Nevers , aucuns des natifs du lieumême. Le Seigneur de Taulignan en Dauphiné, n’a jamaisvoulu consentir que le Ministre y demeurât, quoique fuis faireaucun exercice, qui n’est permis qu’à Sales, aux Frontières dela Provence. De forte qu’il a fallu que cette Eglise ait été des-tituée de son Pasteur, pour ne pouvoir ailleurs le loger sûre-ment. L’ancien Ennemi du nom François aïant pris les Villesdu Castelet, Dourlans , Calais 8c Ardres, il y eut des Habi-tans , de la Religion , qui se retirerent à Saint-Quentin ; maistout soudain on y fit des criées publiques, portant comman-dement à tous Réfugiés de vuider. Ce qui fut voirement ainsidit en général , mais à la vérité , il n’y en eut rien d’cxécutéque contre les nôtres. L’article premier des Réglcmens dresiesau Consulat de Lyon , en Avril nonante 8c quatre, porte :qu’en ensuivant la volonté de Sa Majesté ; ceux qui s’étoientretirés hors du Roïaume, pour être de la Religion prétendueRéformée , 8c sont entrés en la Ville de Lyon, fans pasteport,

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