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Tome sixième.
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t 597*

Plaintisbes Eglises

S.i*f ORMEES.

47S MEMOIRES

n’y aura-t-il donc jamais rien de íì faine , qu’on ne foule auxpieds pour la haine qu’on nous porte ? Or , après cet Edit, 6cpour nous assujétir à tout ce qu’il porte de rigueur , pendantqu’on nous refuse tout ce qui peut y être de favorable, commentnous traite-t-on ? Ou de quoi fait-on conscience ? A Brignole ,la troupe du convoi qui revenoit de mettre en terre le corps dela fille d’un nommé Louer, ne fut rentrer par la porte de la Ville,à cause , tant du pont levis qu’on avoir haussé, que des pierresqu’on leur ruoit du haut des murailles , Se fallut tournoïer juf-qu’à une brèche qu’il y avoir près la Citadelle par où on entra.A Tarafcon , il n’y a pas long-temps qu’étant mort le sieur deModenc , on ne put avoir permission de lui donner terre en tou-te la Provence ; ains fallut le porter de-là le Rône à Beaucaireavec le congé de Madame de Peraut. Le sieur de Pilles, tué pourle service du Roi au siège de Rouen , ne sut onc avoir place enaucun Cimetière. Au mois de Mars quatre-vingt-quinze, mou-rut à Lyon le sieur des Clausels , l’un des Capitaines que Mon-sieur lc Connétable avoir cmploïés à la prise dc Monlucl , le-quel on fut contraint de remporter audit Monluel pour le met-tre en terre. Le sieur de Chaffin, mort à Vaunaves, petit lieu enDauphiné, fut porté à Eurre , pareeque le sieur de Montaifon,Seigneur du lieu, ne lui voulut jamais permettre sépulture en saterre. A Vitri-le-François , un pauvre Huillier , nommé Ham-bert Colin , aïant assemblé dans fa maison deux ou trois de sesparens Sc amis pour conduire au tombeau lc corps de fa fem-me, 2c en attendant l’heure, faisant lire pour sa consolationquelque texte de la Bible , les Officiers de la Justice survenans ,ie saisirent Lc menerent en prison , faisant porter publiquementla Bible devant eux en triomphe. Là même encore , étant mortde peste un nommé Paul Mouton , on ne voulut jamais souffrirqu’il fût enterré au lieu destiné pour la sépulture des pestiférés ;ains fut son corps jetté en un lieu approchant d’une voirie, Lccouvert de fumier, bien qu’il soit vrai, que ceux de la Religion,qui sont le plus grand nombre des Habita n s, avoient contribuéaux frais nécessaires pour le soulagement des malades. A Preuil-Iy en Touraine, tous les Habit ans avoient déja, par l’espacede trente ans & plus , vécu paisiblement les uns avec les autres ,Lc joui également du Cimetière, fans distinction de Religion ,comme l’ont déposé en justice la plupart êc principaux du lieu,qui sont de la Religion Romaine en requérant qu’on les lais-sât en cette tranquillité. Néanmoins, à la sollicitation du Curé