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Tome sixième.
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Plaintesdes Eglisesb.e’iokme'es.

4*0 MEMOIRES

de Lontran. Celui du beaufrere du sieur de Riveron, enterré auTemple de Chasnier , àl’occasion duquel furent faites défensesfur peine de dix mille écus, d’enterrcr , ni audit Temple , ni auCimetiere, aucun de la Religion. Le Sénéchal des Lanes, forméau moule de son Parlement, confirma la Sentence de J’Evêquepour le corps de la femme d’un nommé Cazenoue de Sincever.Quoi plus ? Oïezl’horreur d’une extrême cruauté ; oïez le com-ble de brutalité. Ainçois , voïez la source de toutes ces cruau-tés & brutalités. Un Arrêt, auparavant tous ccs excès ja men-tionnés , prononcé en pleine audience par Fiorimond de Re-mond, Président lors , comme plus ancien Coníeiller, pour ren-dre folemnelles ces dénaturées passions, les rendre , s’ilétoit pos-sible, naturelles auxFrançois; il s’agiífoit d’un enfant enterré auCimetiere d’Ozillac en Xaintonge. II fut ordonné qu’il feroitdéterré ; mais il fut ordonné de même main , que tous les corpsde ceux de la Religion , qui depuis dix ans auroient eu terreen quelque Cimetiere , feroient arrachés de leurs tombeaux. BonDieu! parmi quels Tigres vivons-nous ! Qui jamais ouït parlerd’un tel Arrêt? Qu’une Cour de Parlement qui n’est établie quepour entretenir la justice , justice qui n’est fondée que fur ledroit naturel, fur l’honnêteté civile , qu’une Cour de Parle-ment donc fe licencie ainsi contre le droit naturelle , contrel’honnêteté civile ; Car la sépulture est bien aussi naturelle àl’homme que la mort : est bien aussi civile que le bien mourir.Et par le droit des gens même , jamais il n’y eut ennemi si cruelqui refusât cet honneur à la mort de ceux qu’il ne pouvoit souf-frir en vie. He ! que nos anciens François , ces vraicment Fran-çois, par le moïen defquels nous sommes François , n’avoientì^arde de fe dispenser ainsi. Pourquoi nous vantons-nous d’êtrea eux ? Pourquoi leur dérobons-nous leurs titres ? Les Marga-jas, les Toupinambauds rempliílent leurs entrailles de la chair deceux qu’ils ont mis à mort. Avec détestation , nous les en appel-ions Barbares , Sauvages ; Sc toutefois, cette cruauté n’est pointde Margajas à Margajas : de Toupinambaud à Toupinambaud.Le Toupinambaud ne mange que le Margajas : Sc le Margajasn’est glouton que du Toupinambaud ; encore ne le font-ils quepour rendre la pareille, que pour fe venger de ceux qui en bra-vade , quoiqu’aïant la mort entre les dents, leur disent , j’aimangé ton pere , j’ai mangé ton frere , Sc mangerois tesenfanssi j’avois plus de vie. Pour le faire , ne violent point les tom-beaux. François , ceux que vous déterrez ne sont ni Margajas,