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ni Tobinambauds , nc font point étrangers. Ce font François,vrais François de nature comme vous, mieux que vous d’assec-tion , s’il cil vrai que l’humanité est la propre affection des Fran-çois. Ce font sujets d’un même Roi , membres d’un même Etat&L membres que la nécessité vous a fait reconnoître membresutiles, membres nécessaires. Ce font ceux qui tous les jours han-tent avec vous dans mêmes Villes , presque fous mêmes toits,avec lesquels vous devisez , vous mangez &í buvez souvent :entre lesquels vous avez combien de parens , combien d’alliez?François qui ne vous demandent que paix, que repos ; entre lef-
3 ueîs quand est-ce qu’on a parlé , ou feulement fait semblante parler d’ouvrir vos tombeaux ? Si le peuvent-ils faire en beau-coup d’endroits, aussi aisément & assurément que vous fur vosfumiers. Mais à Dieu ne plaise, que pour vos cruautés , nousvenions à oublier que nous sommes hommes. A Dieu ne plaise ,que pour vous rendre la pareille , nous nous lâchions la bride àdes forfaits (î dénaturés. La conscience nous commande aussi ;à vous , la haine , très mauvaise conseillère ; & ne vous chautquoi, pourvu que repaissiez cette furieuse passion qui ne s’asibu-vit jamais. Mais quel nouveau goût , quelle bonne odeur avez-vous trouvée ès corps morts , & corps pourris , & pourris depuisdix ans ? Ou quand vous voie z les nôtres en si pitoïablc état,une chair pourrie , puante , un crâne hideux, des os tous dé-manchés , & vermoulus, tout plein d’horreur , fe peut-il faireque vous demeuriez dans le naturel d’homme , &C n’aïcz pointle cœur outré de compassion de la vanité du naturel de l’hom-me, qui après tant de piafes , tant de bravades en revient à cela ?Pcqfez-vous point qu’il vous en est autant dû, que vous ne sau-riez avec toute cruauté échapper cette misère ; qu’en sembla-bles tombeaux, en même état il vous faudra attendre ce jourtant remarquable , tant épouvantable , qui rend à un chacunselon fes œuvres ? O dénaturés, votre Religion est-elle donccomme cela? & celaest-cc pour la faire Catholique ? Au resteque nous peut-il meshui servir de bien clorre les Cimetières , desoigneusement couvrir les sosies ? On le faifoit pour empêcherque les bêtes ne violassent ces lieux êc naturellement sacrés, &inviolables pour l’honnêteté. O Dieu ! ce qui fe trouve horribleaux bêtes , est aujourd’hui permis au François ! Et que nousdoit-il chaloir qu’un pourceau fouillant du groin nous décou-vre , ou qu’un François fouillant , nous déterre? Lequel nousvaudra donc mieux , qu’un loup dévore notre charogne , ouTome VI, P P P
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Plaintesdes Eglises, re’eomie’ís