D E I A L I G U E. 495,
nay (i) 8c Duti, Villes appartenantes à Monsieur de Lorraine -
à sept petites lieues de Sedan. Cette Ville est fort petite , qui a 1 Ï97-été bâtie par le Roi François premier, composée seulement oéfa i t»
de quatre battions en quarte, comme pour etre plutôt un Corps- guignons.de-Garde, que non pas une Ville, à l’encontre des coursesdes mêmes Bourguignons fur la Province de Champagne. Ellea été prise par le Duc de Lorraine pendant ces dernieres émo-tions , 8c depuis remise par compétition Sc accord en l’obéis-sance de Sa Majesté. En icelle commande à présent le sieurde Tremelet, Gentilhomme du Païs , duquel la valeur Sc fidé-lité font fort renommées par les services qu’il a faits à Sa Ma-jesté pendant ces guerres , mêmement en la fuite de feu Mon-treur le Duc de Nevers. Sa Garnison est de trois Compagniesde gens de pied Sc d'une de Gensdarmes. Les Bourguignons,
(l’on appelle ainsi tous les Sujets du Roi d’Elpagne,voisins de cetteFrontière, mêmement ceux du Duché de Luxembourg) qui dési-rent il y a longtemps avoir un pied dans la province de Champa-gne , fur laquelle ils font courses ordinaires , dreílènt tous leursdesseins fur les Villes sises fur la Riviere de Meuse, commeMezieres , Sedan, Mouton , Villefranche , ou bien Rocroy ScMaubert-Fontaine,qui nfen font gueres loin. Ils n’en ont pu venirà bout jusqu'ici, par la diligence Sc fidélité des Gouverneurs.
Votant donc que leur prudence Sc valeur étoient défectueu-ses, ils s’essuent de venir aux trahisons, lesquelles auífi-bien re-tombent fur leur tête. Depuis quelque temps ils ont jette leurœil fur Villefranche , comme fort propre à leur passage Sc en-trée dans la Province. Et à cet esse t, fe font adreíïes à quel-ques Soldats de la Garnison , avec promesses dignes d’Espa-gnols de les faire riches à jamais, s’ils vouloient livrer la Ville.
Ces Soldats ne les rejettant pas du premier coup , ains les en-tretenant , communiquèrent ce secret audit sieur de Tremelet,Gouverneur , lequel aiant bien pensé à cette affaire Sc au bonester qui en pourroit réussir pour le service du Roi pendant cetimportant siégé d’Amiens, même en aïant eu avis des Gou-verneurs des Places voisines, fe résout à une belle entreprise,qui fut de commander auxdits Soldats de passer outre , 8c en-trer plus à découvert en paroles avec le Capitaine Gaucher ,qui étoit celui de la part des Bourguignons qui les recher-choit. Ce Gaucher est un Soldat de Fortune q u'on appelle ,parvenu toutesfois à quelque réputation par les armes, dé-fi) Stetyty.
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