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Tome sixième.
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DE LA LIGUE.

í°9

saifoientau commencement , 3c ils font retiré cn dedans , 3cest chose incroïable de la besogne qu’ils ont faite dedans pour 5se fortifier , laquelle nous volons fort bien. On prit quelques, canppv ro*Espagnols qui venoient pour entrer. Hier on prit un eípion quine vouloit parler , mais on cn a bien trouvé le moïen. 11 sem-ble qu’on entende que les Soldats de dedans font maícon-tens d’Ernantelle, lequel ne les lai fie jamais reposer : on parleavec eux, &c cette nuit j’ai été si curieux que j’ai voulu demeurerau folié avec la garde, qui est de mille Soldats pour place, 3cai parlé à eux dès le folle. On entend qu’ils travaillent toute lanuit pour miner : mais on leur rend bien le change ; à cette heu-re , on a eu avis que les Espagnols , à savoir , six mille piétons y& mille chevaux, viendront au plus tard , dans six jours , poursecourir la Ville , mais on ne fait pas quel chemin ils tiendront.

Le Duc de Mayenne est allé des deux côtés de la rivière , poursonder s’il y a quelque lieu pour la palier , 3c empêcher l'Enne-mi; il alla hier avec cinquante chevaux pour rcconnoître de í’au-tre côté : on dit qu’on drestera une autre batterie. Ce soir on aordonné qu’on faste provision de farines , de peur que l'Enne-mi ne se saisistè de la riviere , 3t que les munitions , par cemoïen , ne puistent être amenées. On va ouvrant les yeux à tou-tes occurrences, 3c le Roi ne demeure oisif, qu’environ un quartd’heure , qu’il ne faste paroître fa valeur.

LETTRE D U R O I>

A Madame sa Sœur r

chere Sœur.,

Vous aurez les premières nouvelles de l’heureux succès queDieu m’a donné aujourd’hui. II étoit venu mille chevaux des

ennemis , conduits par tous leurs vieux Capitaines , pourconnoître le logis de leur armée , 3c le moïen de secourirAmiens. Avec deux cens chevaux , & cent cinquante Ca-rabins, je les ai défaits , n’aïant perdu que deux Arquebu-siers à cheval. 11 y a trois cens des Ennemis morts , & plus deuxCornettes prises. Les noms des Prisonniers ne fe peuvent savoirque demain. II est minuit, 3c ne fais que venir. Faites part àmes bons serviteurs de ces bonnes nouvelles. Je vous baifetentmille fois les mains. Ce trente Août, mille cinq centquatre-vinge-dix-íept» '