Band 
Tome sixième.
Seite
508
JPEG-Download
 

MEMOIRES

508

Lettrf DU

CampduRoi. Avertissement.

D U Camp du Roi furent donnés &c publiés aulïï les avis que noasajoutons à ceux d’Hernantello.

LETTRES DU CAMP ,

Lé 28 d’Août 15 í?7-

D e p u 1 s six jours en çà , font arrivés plusieurs Soldats , &:en attend-on beaucoup d’autres. Et Amiens ne pourra être pris ,( s’il l’est ) tenant un mois. Nous sommes fur les sosies , nous tou-chons le ravelin Sc la muraille , Sc dans le sosie on va toujours feretranchant, Sc y allons à tête couverte , puisque les Espagnolsne pouvant plusse montrer sur la muraille , jettent continuelle-ment force pierres en bas , Sc par ce moïen font toujours quelquedommage aux nôtres, qui ne se peuvent toujours bien couvrir ,ni aller avec les yeux ouverts , Sc ceci est bien su par un Soldatmien ami, lequel hier au soir étant dans le fossé , íà où se dé-couvrit une mine , a reçu un coup de pierre sur la tête. A cetteheure , de ce côté avec deux canons, on a mouché le ravelin ,mais on n'avance pas beaucoup , d’autant qu’il est très fort Scterrassé. On a pris deux Casemattes , empêché en telle forte laporte d’Alostran , qu’ils ne peuvent plus íortir , étant les nôtresmaîtres jusqu’à leurs corps de garde , hors la porte quinze ouvingt pas ; on a découvert force mines, Sc hier au soir avec une,ils pensèrent jetter en Pair une de nos batteries que nous avonsfaite auprès de la palissade que nous prîmes à côté du ravelin ,mais elle ne vint pas si avant, Sc toutesfois, il y en demeura sixou huit des nôtres. Ils peuvent sortir par une fausse porte aupied du ravelin, comme ils saisissent du commencement , pouravec de longs crochets , tirer les gabions de nos tranchées , Scmaintenant avec piques , tantôt avec hallebardes , ils font cequ’ils peuvent, mais ils trouvent toujours à qui parler. Les nô-tres seroient bien entrés dedans par cette porte, mais ils ne l’au-roient pu tenir ni garder. Cette nuit passée on a approché qua-tre canons du ravelin , Sc aujourd’hui on bat furieusement , maisavec peu de gain , ils ne tirent plus tant du canon comme ils