ji8 MEMOIRES
i597. — §neurs mirent le Marquis de Monténégro (i) entr’eux , Sc sucSortie pis con duit environ demi-lieue loin de la Ville , où étoit Sa Ma-Espagnols jesté en une grande plaine, accompagnée de fa Cornette blan-d*Amiens. che , avec environ dix-fept cens chevaux , Sc cinq cens Suides.
Le Marquis de Monténégro avoir à fa fuite environ cent trentechevaux, Sc autant d’Arquebusiers à pied , |ous choisis , qu’ilmenoit pour la garde de fa personne. Après eux, venoient envi-ron mille femmes de petite qualité , entre lesquelles il y en pou-voir avoir environ quatre cens de la Ville , qui fuivoient volon-tairement. Après fuivoient cent soixante chariots , la plupartcouverts de toile , Sc chargés de toute force de bagages , Sc furiceux environ trois cens , tant hommes que femmes malades,ou de peste , ou cL blessure. En après marchoient environ qua-torze cens Arquebusiers , Sc six cens Corcelets bien en couche.Et pour la si n fuivoient dix Compagnies ue Cavalerie , à savoir,six de Gendarmes-Lanciers, Sc quatre d’Arquebusiers à cheval,qui pouvoient en tout faire le nombre de cinq cens chevaux :routes lesquelles forces pasterent au milieu de l’armée de Sa Ma-jesté ; Sc lorsque le Marquis de Monténégro fut proche de Sa-dite Majesté, il mit pied à terre , comme auflì Monsieur le Ma-réchal de Biron , qui le présenta au Roi, Sc le Marquis lui baiíala botte (i). Le Roi étoit monté fur un beau coursier moreau ,richement harnaché , Sc couvert d’une selle en broderie à fondde couleur incarnadine , habillé le plus richement qu’on aie en-core vu , avec un bâton roïal à la main , environné des PrincesdeConti, de Montpensier, de Nevers, de Nemours, de Jin-villc (3) , Sc de douze Maréchaux de France , Sc autres grandsSeigneurs en bon nombre. Ledit Marquis lui dit quelques pa-roles : Sa Majesté l’embraíîa Sc reçut fort humainement , avecune majesté roïale , Sc lui donna congé. Lequel pris, il remontaà cheval, Sc fut accompagné ,du commandement du Roi, par* Monsieur le Connétable , environ deux lieues , Sc jufqu’aux con-fins des terres d’Efpagne (4). Tous les Capitaines Espagnols,Sc autres , tant de cheval que de pied , passant devant le Roi,mirent pied à terre, Sc lui baisèrent la botte avec grande humi-lité Sc révérence : auxquels Sa Majesté ufoit de paroles pleinesde Courtoisie. Cette tête dura jufqu’à deux heures après midi,
(1) Jérôme Carafe, Marquis de Monra- » maintenant à bon droit vostre.negro. (5) Dc Joinville.
( t) li fit au Roi ce compliment : „ Sire, (4) Seulement jusqu à Dourlans.» je remets en vos mains une Ydle qui eít