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que Sa Majesté alla dîner , 6c sur les quatre heures d u soir s’enalla à Amiens , accompagnée de mille Gentilshommes à cheval,6c alla droit descendre à la grande Eglise Notre Dame , où futchanté le Te. Deum par sa musique ÔC gens de sa Chapelle ,avec un merveilleux contentement 6c allegreíle de tous le aísif-tans, l'Eglise remplie de toutes sortes de gens. Après que leTe Deum fut chanté, tous crièrent Vive Le Roi ( i ). Cela fait,le Roi sortit de la Ville , qui fut environ sur les six heurscs , 6cfit faire montre à toute son Infanterie, qui étoít environ de dix-huit mille hommes de pied , y compris environ deux mille A 11 -glois, 6c mille Suifles. L’on tient que ce jour , Sa Majesté avoitplus de douze mille hommes à cheval, entre lesquels il y en avoit
Í )lus de cinq mille gens de guerre. II n’est pas demeuré dedansa Ville plus de huit cens personnes des Habitans , entre lesquelsil y a quelque peu de peste , l’Espagnol n’y a laissé aussi guercs demeubles. Le Roi a mis dans la ville vingt Compagnies de gensde pied , 6c trois de cheval en garnison ; Monsieur de Vicq y aété laissé pour Gouverneur (r).
FEUX DE JOIE DES FRANÇOIS
Sur la mémorable reprise de la Ville d'Amiens par le Roi.
(3e s T en ce beau jour tout reluisant de miracles d u Ciel, quenous avons sujet de nous réjouir. Maudit soit celui d’entre nous,qui à fa contenance ne fera voir une vive flamme du feu de joiequ’il allume intérieurement en son cœur. Tenons pour Ligueurespagnolisé , celui qui aujourd’hui d’une face riante ne loueraDieu,des grâces ôc des bénédictions qu’il déploie si heureusementfur la France. Faisons voir en public avec quelle révérence nouschérifions la beauté des Fleurs de lis, 6cavec combien de zelenous en conservons la blancheur au milieu de nos âmes , fans laternir d’aucune perfidie. Reconnoiflbns à ce coup que Dieuprend en main la protection de cette Monarchie. Ouvrons lesyeux, 6c nous verrons que fa divine justice drestè de tous côtés
( 1 ) Le Corps de Ville s’étoit transporté (t) Ce nouveau Gouverneur répara les for-jufqu’au pied de la montagne qui conduit à tifìcations , & repeupla la Ville , où il ne1 Abbaïe de Saint Fuscien, & l’Orateut ha- restoit gueres que huit tens Habitans.tangua Sa Majesté ; aïanc un genou en terre.
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Sortie desEspagnolsd’Amiens.