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pètes , & repoussé ses orages, se montrant affectionnée à Ja con-servation de cet Etat, 8c particulièrement favorable à Sa Ma-jesté , la préservant entre infinis hasards , 8c la bénissant au pro-grès du siégé 8c de la reddition de la Ville d’Amiens; la prise delaquelle avoit tenu plusieurs en haleine , 8c suspendu les espritsde plusieurs à divers desseins : de laquelle si l’Ennemi fut demeurépossesseur, il lui eut été aisé de faire de grands progrès en ceRoïaume, aïant, par le moïen d’icclle, le passage libre fur lariviere de Somme, qui enceint une grande partie de la Picardie,èc lui sert comme de boulevart. Ville , à la faveur de laquelle ,i’Ennemi pouvoit jetter une armée bien avant , aïant icelle,pour retraite : Ville grande, bien remparée 8c bien fournie detoutes munitions de guerre, située en très bon pais , 8c voisinedes terres de l’Ennemi. Mais Dieu est accouru au naufrage , ill'a arrachée des mains de nos Ennemis , il l’a remise entre lesbras de Sa Majesté, il l’a rendue par fa puissante main miracu-leusement à la France. Au commencement de sa prise , SaMajesté y accourut foible , 8c long-temps après est demeuréeautour non plus fort, que pouvoit être l’Ennemi dedans. Dieul’a assisté , il l’a conservé, 8c béni ses desseins 8c ses vœux , q u'ila couronnés par la réduction d’icelle. Réduction non moins uti-le êc nécessaire à notre France , que grande 8c admirable , prin-cipalement en ce temps calamitcux , auquel plusieurs font tro-phées de ses maux, 8c cherchent leur avancement en fi ruine,ne considérant pas, qu’au tombeau de leur patrie , ils s’enfeve-lissènt eux-mêmes. Qui considérera ces choses , il faut qu’il con-fesse que Dieu a pris en fa protection la France , qu’il la con-serve 8c la maintient ; 8c que grandement s’abusent ceux , qui,pour les ébranlemens qui lui surviennent, pensent qu’elle se per-de, Sc se défiant de l’alsistance de Dieu, se laissent emporter à lavanité de leurs pensées 8c discours.
Après que le Cardinal Albert d’Autriche eut en vain essaïéde jetter du secours en la Ville d’Amiens, 8c qu’il se vit frustréde son attente, contraint par Sa Majesté de se retirer à la dé-robée 8c sans trompette, combien qu’il eût une Armée com-posée de plus de quinze mille hommes de pied , 8c de trois àquatre mi le chevaux , fortifiée de cinq cens chariots & de bonnombre d’artillerie qui lui étoit en tête; les Assiégés fe voïant horsd’espérance de secours , 8c que les efforts de leur Général leurétoient inutiles , ( ores qu’ils n’euflent faute de vivres ni demunitions de guerre, 8c qu’ils fussent encore de reste plus de
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Reddition
d'Amiens.