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DE LA LIGUE,
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noient être tous leurs regards , mais ou de s’enrichir Sc reven- --—
dre en détail ce qu’ils ont acheté en gros , ou bien riches igno- ^97*rans contenter leur ambition, s’estimant aílèzdignes , puifqu’ilsportent l’cffigie Sc les marques extérieures de la Décile. Et n’est-cc pas chose bien misérable aujourd’hui, qu’on n’entre plus ence Temple d’Honneur par celui de Vertu , mais que I’or Sc l’ar*gent en enfonce les portes ; de se voir en France réduits à cetteextrémité, que pour décider de la vie , de Phonneur Sc des biensdes hommes , nous foïons quelquefois astraints au jugementparticulier de tels , dont nous refuserions le conseil en la moin-dre occurence de nos affaires domestiques ? Toutes ces cor-ruptions font grandes : mais il faut dire franchement , qu’il n’ya rien d’égal au mauvais maniement des finances , vrai fléau denos péchés , Sc cn matière de police la cause principale de tousles désordres de ce Roïaume. Dieu nous a mis fous un Ciel leplus favorable qu’on fauroit souhaiter , Sc devons bien nouslouer de fa bonté qui nous a les mieux partagés dc tout le mon-de. Car au lieu qu’il semble qu’aux autres Nations au prix denous , il ait donné le Ciel d'airain Sc la terre de fer , il faut quenous reconnoiílìons Sc. la douce influence du Ciel , Sc la ferti-lité de notre terre , fur laquelle il fait pleuvoir de toutes partsles torrens de fes bénédictions. Mais ce qui devroit être par pro-portion diffus Sc répandu en tous , est refferré cn quelques par-ticuliers , Sc comme íì la terre ne produ-isoit que pour eux , com-me s’ils étoient seuls les en fans du Ciel, eux seuls en recueillentles fruits , en íont remplis Sc gorgés ; les autres vuides , misé-rables &languiílans. S’il y avoit de Tordre Sc d u ménage parminous, les biens feroient autrement dispersés, la richeste de P'un-ne feroit pas la pauvreté de l’autre , chacun fe reílentiroit desfaveurs Sc des grâces célestes ; le sang rempliroit toutes les vei-nes de ce grand corps. Mais quoi ! chacun fait ce que I’argentdevient en France, Sc comme il n’est aujourd’hui qu’en deuxbourses , en celle de quelques Gouverneurs, Sc la plupart encelle des Financiers, encre lesquels je mets les Partisans. II y adix-huit ou dix-neuf recettes générales , Sc je ne fais combien degreniers Sc magasins à sel, qui devroient apporter aux coffres du-Roi beaucoup de millions tous les ans. On connoît trop commetout est manié, 6c les bons François crient tout haut qu’il y aplus de trente-cinq ans qu’on ne fait vivre les Rois de Franceque d’Edits honteux,faits à la ruine de leur peuple , étant cepen-dant les plus clairs deniers des recettes du Roïaume détournés r