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Réduct'On
b’Amuns.
53 i MEMOIRES
expérience , que le moindre mal est: celui que les élections np-portoient, quand on y obfervoit la forme ancienne , & quel-les fc faifoient selon les faines Décrets & Constitutions Canoni-ques ; Lc néanmoins que pour marque de la dignité Roïalc detrois qui feroient élus , Sa Majesté eût droit de faire choix decelui qui luiferoit le plus agréable , il y a espérance que les liè-ges de l'Eglife feroient remplis de gens de probité Le de doctri-ne , au lieu que nous les voïons pour la plupart saisis de person-nes du tout indignes, & des plus hautes dignités profanées en-tre mains laïques , voire fans distinction du sexe , avec des cou-leurs & des prétextes du tout impies , au grand trouble des âmes&c consciences pieuses. Quant à la Noblesse , il faut avouerqu’elle a fort dégénéré de ses peres. Je ne touche point à fa va-leur : car en ce point là, elle ne leur cede en rien , son épée estaussi pointue que la leur : les preuves en ont été trop certaines& trop glorieuses en ces derniers troubles. Mais pour ce qui estdes mœurs, tout y est si visiblement corrompu , si déréglé , íìlìcenticux , qu'd ne lui reste (à vrai dire) que sombre ou l’ima-ge de la vertu paternelle. Et hors la guerre , au lieu qu'autre-fois les maisons des Gentilshommes étoient autant d’écoles.d’honneur &C de vertu , elles ne le font plus que de vice & de dé-bauche ; &. l’un des beaux effets du Gentilhomme , j'exceptetoujours-les vertueux, est de tyranniser aujourd’hui ceux qu’iìappelle ses sujets , par toutes fortes d’éxactions Le de mauvaistraitemens, indignes certes d’une généreuse Noblesse , qui nedoit avoir pour but que le vrai honneur, lequel consiste en loua-bles actions , Le à bien mériter du public &C du particulier toutensemble. N’épargnons non plus la robe longue , fur laquellenous voïons des taches qui ladifforment infiniment, Le lui ôtentson ancien lustre Le fa beauté première. C’eut été un prodigeauxsiecles vieux d'y voir vendre la Justice , en faire un métiertout public , la dénier à ceux qui n’ont moïen de la demander& de la poursuivre. Maintenant nous y sommes si fort accou-tumés , ( je le dis avec la honte de notre siecle ) qu’on ne le trou-ve plus étrange : tant on fe laisse couler aisément aux mœursd'un âge corrompu , & emporter au torrent d’une mauvaisecoutume. Et qui est-ce qui a violé cette sacrée Vierge ? qui aainsi prostitué cette sainte Déesse , à deniers com p tans ? C’estfans doute Ja vénalité des Offices de judicature. Et certes con-fessons que plusieurs qui y entrent, fe proposent pour leur sin»on futilité publique, ou le bien du prochain , comme ce de-«,