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D E I. A L I G U E. !Z7
fonctions, profitent du désordre public , se rendent instrumensd’une si bonne œuvre. Car bien qu’en apparence ils sa tien tmontre d’une aulîì louable intention que nuls autres ; si cst-cequ’en leurs âmes , ils ne reconnoiflènt point d’autre liecle d’orque celui où ils font leurs affaires , &í seroient bien marris d'enVoir un autre. Et néanmoins il semble qu’ils devroient juger,que quand ils verroient avant leur mort toutes choses bien ré-glées , ce seroit de la fureté pour leurs héritiers , afín de posséderen paix les biens qu’ils leur laisseront. Au lieu que le désordrecontinuant, il faut qu’ils s’affurent, que comme ils ont dévoré&c englouti les autres , il s'en trouvera, qui par la loi de la pa-reille , traiteront de même leurs enfans ou héritiers à leur tour.Mais ils font si misérables la plupart , qu’ils n’entrent point ences considérations , ou s’ils y entrent , leurs intérêts privés lesoffusquent, ils se jouent du présent, &í se moquent de l’avenir.J’avoue, Sire, qu’il y a de grands personnages près de vous, detoutes qualités , qui ont à la vérité un grand zele à la restaura-tion de la France. Le déluge du mal n’estpas si universel, quequelques-uns n’cn soient échappés, qui savent fort bien quec’est Tordre, Tharmonie , le tempérament qui conservent touteschoses; que les corps supérieurs &C inférieurs ne subsistent queparla ; qu’autrement tout retournèrent en son ancien cahos,ou se réfoudroit en sa premiere matière. Mais certes , il fautconfesser que nous avons pris une télle habitude à la confusion ,que si vous-même n’entreprenez de l’ôter , si vous ne vous ren-dez le premier moteur de tout Touvrage ; si vous n’êtes la réglédroite , le patron , le moule de vos sujets , il y a fort peu d’efpé-rance de voir en nos jours le rétabli flème n t du Roïaume. Las!ce n'est pas affèz que pour arrêter fa chute, la Providence divi-ne se soit visiblement servie de vos mains. II est besoin d’en af-fermir les colomnes ; n’y aïant rien si certain que les mêmescauses, qui Tavoient mené à fa ruine, continuans, il ne peut long-temps durer. Aiez donc la gloire , Sire , d’en être le secondFondateur, d’y replanter la vertu , les bonnes mœurs, le bonordre , & qu’on voie de votre régné refleurir les beaux lys de laFrance. Toutes les prophéties anciennes vous y appellent ; maisbien plus ce grand Dieu qui a tant fait de miracles en votre per-sonne , que tous les peuples de la terre en demeurent étonnés.Lui , Sire , qui vous a fait pafler la mer rouge en dépit de tousles Conjurés de votre Maison , pour remettre Votre Majesté enl’héritage de ses Peres. Car qu’est-ce autre chose , le paffage deTome VI. Y y y
1 597 *Réduction
d'Amiens.