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Tome sixième.
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RÉDUCTION

s'Amiens

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celui de la France, qui a besoin d’un grand entretcnement chezfoi, 8c de grande dépense encore pour íe conserver contre desforces étrangères, Pargenr nc tient pas leulcment lieu de nerfs,mais à maniéré de dire de Tarne de tout 1c corps. On ne vitpoint, on n’agit point, on ne peut rien lans ce métal : c’est cequi fait mouvoir tous les ressorts de la roue. Voilà pourquoi ildoit être bien emploie &■ bien distribué par tout, 8c quand ille feroit, lesbiens certes qui en viendroient font infinis. Caroutre ce que j’ai dit, vous auriez , Sire , de quoi récompenser vo-tre Noblesse , qui s’est en ces dernieres guerres tant engagéepour votre service, qu elle n'en peut plus. Vous pourriez d’ail-feurs , à l'exemple des Rois vos Préctécesteurs , entretenir desarmées 8í en paix & en guerre , toujours prêtes à marcher à vo-tre premier commandement. Et cela feroit que la profession desarmes feroit honorée plus que jamais entre nous , 8c que les pè-res la feroient suivre à leurs enfans : au lieu que nous volonsqu’ellc a beaucoup perdu de son los 8c de son prix, d’autantquelle est notoirement ruineuse à ceux qui la pratiquent. Mais lchaut point que vous gagneriez , c’est la bienveillance de votrepeuple, qui pourroit espérer par le bon maniement de vos Fi-nances , quelque relâche à fes maux. Souvencz-vous , Sire , queles deniers qui íe lovent fur vos pauvres Sujets , font trempésdans leurs larmes; que ces larmes nc seront point essuïées quelorsque lc Soleil de votre bonté &c de votre miséricorde luira sureux. Et quand Votre Majesté se résoudra à ce saint & pitoiableoffice , qui est de les soulager des grands impôts qui les acca-blent, elle r'aquerra auífi-tôt leur amour qu’on s’est essorcé delui ravir par tant de mauvaises inventions. Et c’est de vérité lameilleure garnison que le Prince puiste avoir dans fes Villes,que le cœur 8c Tamour de fes Sujets. Ce font là les vraies chaî-nes de diamant / dont l’étrainte est bien plus ferme 8c plus as-surée pour les justes Monarques , que celles de la force 8c de lacrainte , qu’il faut laisser à un Denis lc vieux ôcàses semblables ,pour quelque saison de Tannée. Mais quant aux Princes légiti-mes , c’est vraiement à eux de se faire aimer de leurs peuples ,les traiter comme les enfans le font d’un bon Pere , Lc au peupleaussi de révérer & presque adorer son Prince , comme T image duDieu vivant. • '

Voilà dónc les fruits que produiront Tordre Lc la réformationen toutes les parties de votre Etat. Mais fi vous même , Sire ,ne Tavançez , n’esperez pas que ceux qui en leurs Charges Lc

fonctions