■//
D E L A L I G U E. 539
exemplaire vraiment de toute perfection. Heureux les Peuples-■
& plus qu’heureux qui ont à vivre fous telles dominations ! Fai- 1tes, Sire, que ces deux vertus fe retrouvent en vous. Acquérez > Reduct i°nces deux titres glorieux que le grand Alexandre a tant estimés, * M NS '
& qu’il a tâché de mériter en fa vie, d’être hon Roi & grandGuerrier tout ensemble. Ne vous contentez pas d’avoir tranchéavec votre épée les nœuds de nos divisions ; mais encore, par lemoïende votre prudence, faites-nous sortir du Iabyrlnte de noserreurs. Ainsi le Peuple François bénira votre régné , fera tousles jours fes offrandes pour vous, plaindra ceux qui font morts,de n’avoir vécu fous un si bon Roi , & vu Votre Majesté paisi-ble 8c triomphante assise au trône de Saint Louis. Je prie Dieude tout mon cœur qu’il nous faste à tous la grâce d’appaifer tel-lement son courroux , que nous puissions voir cet heureux temps,
& dire à l’avenir, que la reprise d’Amiens a été le commence-ment de nos joies, la fin de nos misères , & le terme des guei>res fatales de la France.
SUR LA REPRISE D'AMIE JVS(i).
I.
Je ne fais qui des deux est le plus admirableD’avoir pris ou repris un Amiens si fort ;
Mais je fais qui des deux est le plus honorable ,
De savoir pris par fraude, ou repris par effort,
I I.
On chante en mille façonsUne si belle entreprise,
Mais de toutes ces chansonsLe bon est en la reprise.
III.
Hernantel fut heureux en si belle entreprise ,
De surprendre Amiens, fans force en un instant;
Plus heureux d’être mort, ains qu’elle fut reprise,
Pour ne mourir après de honte en la quittant.
(i) La Ville d’Amiens, après avoir été à la vue d’une armée considérable, âpres fi*prise par industrie , fans frais, 8c dans l’ef- mois de siège qui couterent, dit-on , Jwpace de deux heures , fut réunie à la Cou- raillions à la francs,ronne par Henri IV, qui la reprit par force.
Yyyij