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ne naîtroient-ils pas de la gravité & de la ré-flexion que le sentiment de la liberté inspire,que le goût de prononcer sur les objets impor-tuns du Gouvernement nourrit? On s’éleve avecdes hommes accoutumés à balancer froidementles intérêts politiques , à calculer minutieuse-ment tous les rapports qui dépendent du com-merce ; on entend souvent approfondir des sujetssérieux, analyser avec scrupule les idées , lesvolontés des autres ; ou prend le ton général, &l’on échange la légéreté des grâces contre lasolidité de la raison.
Avouons encore qu’il y a un bien petit nom-bre d’Ecrivains Genevois qui aient écrit pure-ment en françois : cela ne viendroit - il pointde ce que la langue nationale n’est pas à touterigueur la langue françoise ? Je fais ici encoreplus ma censure que celle de mes compatriotes;mais il est clair qu’on ne sauroit écrire correcte-ment dans une langue qu’on est entraîné presquemalgré soi à mal parler.
Les arts, en exerçant l’esprit, le commerce,en mêlant les hommes, les voyages, en réunissaut les lumières de tous les lieux, étendirentbeaucoup la sphère des connoiffances des Gene-vois; mais rien ne contribua tant à les répandreque les mœurs douces & faciles de quelquesSavans aimables qui mirent dans la société les