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Tome premier.
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dispute fort vive s’y étoit élevée íur la religion& avoit divisé la ville : on avoit les yeux ouvertsfur tout ce qui se paffoit j aussi dès que le Con-seil épiscopal sut que ce s deux Prédicateurs de laréformation instruisoient ceux qui la favori-soient, & qu’ils faisoient même des prosélytesparmi ceux qui l’avoient d’abord proscrite, ilordonna à ces nouveaux ministres de l'Evangilede venir défendre leur opinion devant lui. Farel& Saunier reçurent Tordre avec joie & l’exécu-terent avec empressement.

Mais on éluda cet ordre dès que Farel &Saunier s’y furent soumis, & on les accabla d’in-jures & de menaces, quoiqu’on leur eût promisune eutiere sûreté. Farel, aussi prudent que cou-rageux, leur dit alors avec respect que, les in-jures rìétoient pas des raisons ; que la religionromaine se défendait mal en employant des calom-nies , & qu il ne leur diroit point les vérités qu ilsmériteroient d'entendre ,parce que les récriminationsde cette especeseroicnt aujst indécentes que leurs at-taques. A ces mots , un Chanoine, furieux, seleve, criant, il a blasphémé : Farel, tranquille,lexhorte à tenir le langage de Dieu , fi’ d ne pointparler comme Ca'iphe. Alors Tassemblée réunies écrie de concert qu 7/ faut tuer ce Luthérien .Les membres du Conseil présens à ce débat«'arrachèrent que difficilement Farel & Saunier