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Tome premier.
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pour éviter le supplice ordonné par ces Ioix,reconnoissoient publiquement qu’ils íè soumet-toicnt à l’Ecriture-Sainte & aux quatre premiersConciles , qui en étoieut les interprètes , &qu’ils n'attaquaient que les innovations de l’é-glife romaine désapprouvées par cette régléde foi.

La conduite du Conseil contre les hérétiquesdont je viens de parler, étoit tellement déter-minée par les loix canoniques, que, quoiqu'onbrûla à Annecy un Jean Lambert,'Genevois ,en 15395 parce qu il étoit protestant, on bannitfeulement de la ville tous les catholiques - ro-maine qui restoient dans Geneve, & qui refu-sèrent d’embrasser la réformation ; mais on íbgarda bien d’user à leur égard du droit atrocedes représailles. Cependant il n’y avoit peut-êtrepoint d’hérésie plus redoutable pour des réfor-més , plus propre à exciter en eux le sentimentde la vengeance que celle des catholiques romains,qui les traitoient par-tont alors de la maniéré laplus inhumaine & la plus barbare : on fait mêmequ’on offrit dans ce teins à M. De Beauregard,qui étoit étranger, & qui avoit mal parlé de laréformation dans Geneve , de diíputer avec lesMinistres pour dissiper ses préjugés. II y a loinde ce procédé pour convaincre à la voie desgibets & des bûchers ; & si l’on punit quelques