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Tome premier.
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hérétiques du dernier supplice à Geneve, c’estparce qu’on les crut avec le Droit Canon cou-pable du crime de lese-majesté divine.

Enfin , la mort de Servet n’ouvrit point lesyeux des Genevois fur leur jurisprudence crimi-nelle relativement aux hérétiques. En 1558 cinqAvocats condamnèrent Gentilis à la mort , ens’appuyant des loix impériales, & en priant leConseil d user de clémence : la rétractation decet hérésiarque lui obtint íà grâce. En 1632 Ni-colas Antoine fut encore la victime de la barbariede ces loix; on voit ces loix faire couler de mêmele sang chez les réformés ; elles dictèrent en 1558à Baie le jugement rendu contre le cadavre deDavid George; eu 1566, à Berne, elles con-damnèrent Gentilis à la mort; en 1549 ellesfirent mourir une femme en Angleterre. La se-conde confession helvétique porte que les Magistrats font obligés de tirer le glaive contre leshérétiques incorrigibles : on trouve la même loidans les confessions des églises de France, desPays-Bas & de Saxe.

La mort dc Servet demande nos larmes, maiselle ne qualifie pas Calvin du nom d 'homme très-cruel ct d'ame atroce , parce qu'il n'en fut pas fau-teur , comme tous fes ennemis le publient. Calvinne s'opposa pas, il est vrai, au supplice du mal-heureux Espagnol, 8 c il ne l’auroit pas pu ; il y