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Tome troisieme.
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H'Abauzit, letendue de les coniioissances &leurperfection, je n’oublierai jamais la bonté deíbn cœur.

Abauzit perdit son pere à lage de deux ans ;il devint alors le sujet des consolations & dessoucis de fa mere. L’Edit de Nantes venoit d etrerévoqué ; on ordonnoit aux Protestans françoisde fléchir leurs consciences aux ordres de LouisXIV, ou de se soumettre aux atrocités de lapersécution. La mere du jeune Abauzit, quicrut que là conscience n’avoit d’autre arbitre queDieu , devint bientôt l’objet de la fureur del’intolérance : ou lui arrache íbn enfant que satendresse ingénieuse parvint à arracher à sespersécuteurs ; mais elle le prive de cet objetchéri pour le garantir des accidens qui 1 envi-ronnent. Elle l’envoye à Geneve en 1689, & ily arriva au milieu de mille dangers ; car l’into-lérance ne respecte pas plus les enfans qu ellen’écoute les plaintes déchirantes dune mereinfortunée : les larmes de l’enfance & les pleursdu désespoir sont ses jouissances. Déjà les bour-reaux du Languedoc craignent de manquer devictimes, parce qu’il leur en est échappé une.La mere du jeune Abauzit fut punie de leuravoir ravi son enfant par la prison ; mais ledépérissement de sa santé la fit relâcher. Elleprofita de son élargissement pour rejoindre son

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