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I Cicéron, l’histoire de Thucydide & de Sálîustejon admire avec eux le temple de Minerve & lePanthéon ; on frémit toujours à la vue du Lao-coou & du Gladiateur mourans : l’ame antiquede ces beaux génies qui créerent ces chefs-d’œuvre, & qui y respire toujours, agite encoredélicieusement la nôtre, & nous fait éprouverau moins quelques-uns de leurs sentimcns.
Mais quels íònt ces ouvrages que nous voyonsbraver les íîecles 8c dont l’existence íera auflidurable que la terre ? Quelles font ces idées quirappelleront toujours avec plaisir le nom de leurAuteur, & dont l’influence durera autant queles hommes qui pensent ? Si l’on juge par inex-périence-, nous verrous d’abord que le nombrede ces ouvrages précieux , qui ont surnage aumilieu du naufrage de tant d’autres, est extrê-mement petit. Combien d’Ecrivains íe font distingués quelque tems parmi les Orientaux, lesGrecs & les Romains , dont on ignore entière-ment le nom ? Combien peu d’Auteurs, dontles ouvrages une fois célébrés, ont échappé auxravages du tems 8c au jugement févere de lapostérité ? Combien peu d’hommes jouissentainsi de cette immortalité qu’ils avoientespérée,qu'ils avoient entrevue ? II est vrai que les an-ciens Ecrivains n'eurent pas le même avantageque. ceux qui fe destinent à-présent à l'instruc-