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Tome I.
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LIVRE L CHAP. III. 55

II est sûr que les Carthaginois & les Syracusains ont déserté la campa-gne & que les Romains aussi-tôt ont mis le siège devant Syracuse. 11convient lui-même qu’Echetla , ville située entre les terres des Syracu-sains & celles des Carthaginois, fut auísi assiégée. On ne doit doncfaire aucun fond ssir ce qu’il avoit asiuré d’abord ; à moins qu’on neveuille croire que les Romains ont été en même tems & vaincus &vainqueurs’ Tel est le caractère de cet Historien d’an bout à í’autrede son ouvrage , & l’on verra en son tems que Fabius n’est pas exemtdu même défaut. Mais lassions là enfin ces deux Ecrivains , & par lajonction des faits tâchons de donner aux lecteurs une idée juste de laguerre dont il est question.

CHAPITRE III.

M. OEtacìlius & M. Valerìus Consuls font alliance avec Hiéron.Préparatifs des Carthaginois. Siège d’Agrigente. Premier com-bat d’Agrigente. Second combat , & retraite d’Annibal.

D Es qu’on eut avis à Rome des succès d’Appius dans la Sicile, ohcréa Consuls M. Octacilius èc M. Valerius , & on leur donnaordre d’y aller prendre fa place. Leur armée consistoit en quatre Lé-gions , fans compter les secours que l’on tiroit ordinairement des alliez.Ces Légions chez les Romains se lèvent tous les ans & font composéesde quatre mille hommes d’infanterie & de trois cens chevaux. A l’arri-vée des Consuls, plusieurs villes des Carthaginois & des Syracusains íerendirent à discrétion. La fraïeur des Siciliens jointe au nombre & àla force des Légions Romaines , faisant concevoir à Hiéron que celles-ci auroient le dessiis , il dépêcha aux Consiils des Ambasiadeurs pourtraiter de paix Sc d’alliance. On n’eut garde de refuser leurs offres,on craignoit trop que les Carthaginois tenant la mer ne fermasient tousles pafíages pour les vivres : crainte d’autant mieux fondée que les pre-mieres troupes qui avoient traversé le détroit, avoient beaucoup souffertde la disette. Une alliance avec Hiéron mettoit de ce côté-là les Lé-gions en sûreté, on y donna d’abord les mains. Les conditions furentque le Roi rendroit aux Romains fans rançon ce qu’il avoit fait fureux de prisonniers, & qu’il leur paieroit cent talens d’argent. Depuisce tems Hiéron , tranquille à l’ombredela puiílance des Romains, à quidans l’occasion il envoioit des secours , régna paisiblement a Syracuse,gouvernant en Roi qssi ne cherche & n’ambitionne que l’estime &l’amour de ses sujets. Jamais Prince ne s’est rendu plus recom-mandable, & n’a joui plus longtems des fruits de fa fagestè & dc laprudence.

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