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Tome I.
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L r V R E I. CHAP. VII. ,J,

rie fut éfichassée par pelotons entre les intervalles des escadrons de la gauche. II dit feu-lement qu’ils surent mis avec la cavalerie ; mais comme j’ai déja dit plus haut que lesGrecs, comme les autres peuples, entreméloient ordinairement cette forte d’arme par-mi leur cavalerie, il est hors de doute que Xantippe observa la même méthode : auíïiles distribué-je de la forte,

Le Grec habile avoir deux bonnes raisons d’en user ainsi : la première étoit fondée surl’inutilité de cette infanterie légére entre les éléphans & les pesamment armez ; la secon-de étoit d’accabler la droite des Romains par ce mélange d'armes, de la dépouiller de facavalerie, de tomber ensuite sur les flancs de Pinfanterie de cette aile, de les prendre àdos, & dé les environner de toutes parts par fa cavalerie : de telle forte qu’ils ne puisentlui échaper, pendant qu’il les attaquëroit de front par son infanterie & ses éléphans.Par là il les obligeoit de faire front des deux cotez, & rendoit les armez à la légére inu-tiles , forcez qu’ils étoient de remplir les distances d’entre les colonnes, déja trop res-serrées , contre des éléphans qui en fuísent sortis, si elles eussent été plus écartées^ les u-kes des autres. Encore ne íài-je si en les écartant on eût dû s’attendre à un succès plusheureux. La raison de cela est, que Xantippe n’avoit jamais compté que fa cavalerie pûtrompre Pinfanterie Romaine ; elle étoit trop bien ordonnée, & fur une trop grande pro-fondeur , pour rien craindre d’un effort de cavalerie, quelque déterminée qu’elle pûtêtre. Son deíïein étoit seulement de faire jetter les légèrement armez dans les distancesdes colonnes, pour que les éléphans eussent moins d’iííues ; & si ceux-ci venoient à sor-tir, de les rejetter fur les légions par le moien de fa cavalerie qui se trouvoit à leur dos.Tous ces raifonnemens sont fort fenfez, & d’un Capitaine qui prévoir ce qui peut &doit arriver, par la disposition & les fautes de son ennemi.

Régulus avoit quinze mille hommes d’infanterie, & trois cens chevaux. Il distribuak s armez ì la légére (8), selon la coûtume Romaine, fur une ligne en front des lé-gions , & les opposa aux éléphans, persuadé qu’en les harcelant de tous cotez par íèsv elittes, il les détourneroit fur l'ennemi; mais comme il n’étoit pas trop assuré de leschasser avec cette feule arme, & de garantir le front de son infanterie du choc de cesAnnaux, il changea dans íà disposition : quoique ce ne fût guéres la coûtume Romai-ne du tems de la première guerre Punique, il crut devoir sortir des régies pour ce coup-le ; il la rangea donc par colonnes, avec de très-petíts espaces entr’elles; ce qui gâtato ut, comme on le verra bientôt. Je me fers de ce terme de colonnes, parce qu en ef-^t c’est le véritable, & constamment le texte le désigne: c’est-à-dire, que le GénéralRomain mit les compagnies les. mes k la queue des antres. Cela est clair, mais dans cefltu fuit il ne l’est pas tant qu’on ne puisse bien s’y méprendre : de cette maniéré, ditn °tre Auteur, le corps de bataille fut moins étendit , mais plus épais. La hauteur ne de-Y 0lt rien diminuer de l’étendue du front de son infanterie, si Régulus ne fit autre cho-e . stue de ranger les manipules à la queue les uns des autres, les Princes derrière les Has-Jíires, & l es Triaires à la queue des Princes fur une même ligne droite. Il ne faut nul-r me nt douter qu’il n’eût diminué & trop resserré les espaces d’entre les colonnes, (y) ,a moins qu’il n’eût doublé les filles des manipules. Quoiqu’il en soit, il considéra moins3 Phalange qu’il avoit en tête, que les éléphans, dont il pouvoir être rompu ; car enDesserrant trop les intervalles d’entre les colonnes, il ôtoit tout moien à ces animaux de°nir & de s echaper par les vuides d’entre ces corps, & réduisoit ces animaux à s’ou-Vrir un passage à travers les légions, & à leur passer fur le ventre: s’il s’imagina pou-y° lr les détourner, à l’aide de ses gens, & les faire revirer fur les ennemis même , par- m °ûn de ses frondeurs, il raisonna très-peu juste, ou du moins fur une chose très-^ertaine: outre qu il étoit bien plus aisé" à ses velittes de les chasser dans une rou-te