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Tome I.
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, s 8 HISTOIRE DE POLYBE,

monstfations peuvent s’enseigner indépendamment de cette expérience tant vantée ,dont le fruit seul est de nous perfectionner & de nous affermir dans nos entreprises &dans les dangers. Voilà des réflexions qu’il m’a paru très-nécelfaire & très-importantde faire; avant que de passer à l’explication de notre ordre de bataille, ou de nos deuxordres : mon dessein étant de ranger l’armée supérieure en cavalerie , quoique moin-dre en nombre de bataillons, de la maniéré la plus favorable, selon la méthode denotre tems.

Je suppose donc ici que l’ennemi est plus fort en cavalerie, & l’autre en infanterie :de forte néanmoins qu’il y ait égalité en nombre de troupes, je tiens moi, que si lesdeux armées combattent dans l’ordre ordinaire, celui-là ne sauroit s'empêcher d'être bat-tu par la cavalerie, qui prévaudra sur Tautre, à cause du terrain favorable à cette arme.Si je ne Connoissois aucune autre méthode que celle dont nous nous servons aujourd’hui,& que je me visse supérieur en cavalerie contre une infanterie plus nombreuse, je for-merais une bonne ligne de mon infantere (2) , soutenue par toute ma cavalerie en se-conde ligné <;), ce que j’aurois de surplus (4) partagé aux ailes de ma seconde ligne& mes dragons (J) en réserve. J'attaquerais dans cet ordre, je crois que ce ferait lemieux qu’on pût faire, quoiqu’onne Tait peut-être jamais pratiqué, parce qu’alors unearme se trouve soutenue par Tautre. Cette maniéré de se ranger serait redoutable en cetems-ci, parce que celui qui combat fur deux lignes, n’aiant presque point de cavale-rie , se trouve sur les bras les deux armes ensemble, & de gros escadrons opposez à sesbataillons minces. Contre un tel ordre ne pouvant opposer presque aucune cavalerie àl’ennemi par le peu que j'en ai, voici mon ordre de bataille. Soit que l’ennemi atta-que dans Tordre que je viens d’expliquer, soit qu’il combatte selon la méthode ordinai-re , la cavalerie sur les ailes, T infanterie au centre, les deux armées dans une plaine rasé& pelée, & les ailes eri l’air, comme on dit.

Ma première ligne (6) , fur une ligne de bataillons disposez en colonnes fur une feu-le section. Chaque bataillon de vingt-six files, le reste en hauteur. Les ailes couver-tes de deux colonnes (7) , chacune de trois bataillons, ou sections. Deux colonnes (8)au centre, pour faire effort en cet endroit, & séparer les ennemis de leurs ailes. Maseconde ligne formée du reste de mon infanterie. Deux colonnes ( 9 ), de deux sec-tions à chaque aile, où j’y partage ce que j’ai de cavalerie ( 10). Les escadrons entre-lassez chacun de deux compagnies de grenadiers (n> Le centre des bataillons sir),fur huit de profondeur. La réserve (15) de ce que j’ai de dragons. Voilà Tordre debataille fur lequel je voudrais combattre. Ceci n’a pas besoin de Commentaire , j’enlaisse le jugement aux connoisseurs, qui font au fait de mon principe des colonnes. J’ap-pelle connoisseurs tous ceux qui auront lû & bien éxaminé mon système pour biencomprendre ma tactique; car sans cette connoissance, il n’y a pas moien qu’ils puissentrien entendre, ou fort peu de chose dans ma nouvelle méthode de se ranger & de com-battre.

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