Band 
Tome I.
Seite
165
JPEG-Download
 

LIVRE I. CHAP. IX. \C 5

tion des deux Consuls C. Attilius & L. Manlius, on construisit cin-quante vaisseaux, 8c on leva des troupes pour faire une puiflante flotte.

Asdrubal Chef des Carthaginois, témoin de l’épouvante où avoit été Bataillefarinée Romaine dans les dernières batailles rangées, 8c instruit qu’un f e e r ^des Consuls étoit retourné en Italie avec la moitié des troupes, 8c queCecilius avec l’autre moitié séjournoit à Païenne : Asdrubal, dis-je, pourcouvrir Sc favoriser les moissons des Alliez, partit deLilybée, 8c se por-ta sur les bords de la campagne de Païenne. Cecilius, qui vit son aflu-rance, retint pour l’irriter de plus en plus ses soldats au dedans desportes. Asdrubal fier de ce que le Consul n’osoit venir à sa rencontre,à ce qu’il croioit, s’avance avec toute son armée, & franchissent lesdétroits entre dans le pais. II ravage les moiflòns jusqu’aux portes, fansque le Consul s’ébranle. Mais quand il eut pafle la rivière qui coule de-vant la ville, Cecilius qui n’attendoit que ce moment, détacha des ar-mez à la légère pour le harceler & le contraindre de se mettre en ba-taille. II s’y mit, & aufiì-tôt le Général Romain range devant le mur,

Lc devant le fofle quelques Archers, avec ordre, si les éléphans appro-choient, de lancer fur eux une grêle de traits: en casqu’ils fussent pres-sez , de se sauver dans le fofle, 8c d’en sortir eníuite pour lancer denouveaux traits fur les éléphans. II ordonne en même tems aux artisansde la place de leur porter des traits, 8c de se tenir en bon ordre auxpieds du mur en dehors. Lui se tient avec un corps de troupes à laporte opposée à l’aîle gauche des ennemis, 8c envoie toujours de nou-veaux secours à ses Archers. Quand le choc se fut un peu plus échauf-fé, les conducteurs des éléphans, jaloux de la gloire d’Asdrubal, &cVoulant par eux-mêmes avoir l’honneur du succès, s’avancèrent contreceux qui combattoient les premiers, les renversèrent & les poursuivirentjusqu’au fofle. Les éléphans approchent j mais bleflèz par ceux qui ti-foient des murailles, percez des javelots 8c des lances que jettoient fureux à coup sûr, 8c en grand nombre,ceux qui bordaient le fofle, cou-verts de traits 8c de blessures, ils entrent en fureur, se tournent 8cfon-dent fur les Carthaginois, foulent aux pieds les soldats, confondent lesmngs 8c les dissipent. Pendant ce désordre, Cecilius avec des troupesfraîches 8c rangées, tombe en flanc fur l’aîle gauche des ennemis trou-blez,

Hn f partie fut tuée h coups de trait: les autres tour-^erentfur leurs gens, A les mirent en désordre. A-Qrs Metellus, qui n’attendoit que cela , sortit avecputes fes troupes■ ; & prenant l’armée ennemie enfi v,2c , la defit , fe rendit maître des éléphans fpa grand nombre de prisonniers.

ïjorus dans íòn lécond Livre gliflê íur ce fait,« loue plutôt qu’il ne rapporte ; mais dans cetk‘°ge il n’oublie pas le nombre des éléphans queCarthaginois mirent en campagne. Au moins0 c omprend par ce qui en fut pris, qu’il y en a-

voit beaucoup, au lieu que Polybe ne dit pas com-bien il y avoit de ces animaux dans 1 armee Car-thaginoise. II en fut pris dix, dit-il, avec les In-diens qui les conduiibient, 8c les autres qui avoientjetté à bas leurs conducteurs, furent envelopez.Rien ne prouve davantage la grandeur fp l’impor-tance de cette victoire, dit Florus, que de voir centéléphans qui font la proie du vainqueur. N’auroit -on pas cru, u voir le nombre de ces animaux, quec’etoìt plutôt le fruit d une chasse que d’urte guer *re l

X z