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Tome I.
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,í 3 HISTOIRE DE POLYBE,

viron douze stades. Enfin le troisième se nomme Lilybée. II regarderAfrique, sa situation est commode pour paíîër de là à ces Promontoi-res de Carthage, dont nous avons parlé plus haut. II en est éloigné demille stades ou environ, Sc tourné au couchant d’hiver, il sépare la merd’Afrique de celle de Sardaigne.

siège de Sur ce dernier cap est la ville de même nom, Sc dont les RomainsLilybée. £ rent \ c siège. Elle est bien fermée de murailles , &c entourée d’un fos-sé profond que la mer remplit, Sc qu’on ne peut traverser pour aller surle port, sans beaucoup d’usage & d’expérience. Les Romains aiant é-tabli leurs quartiers devant la ville de l’un Sc de l’autre côté, Sc aiantfortifié l’espace, qui étoit entre les deux camps, d’un foíle, d’un re-tranchement, Sc d’un mur, ils commencèrent l’attaque par la tour laplus proche de la mer, Sc qui regardoit la mer d’Afrique. Ça) De

nou-

as m’eriger en Créateur d’un monde : je le com-posai dans mon imagination, moitié ICirker, moi-tié Deseartes, comme on dit de Variilas, qu’il aécrit moitié Roman 8c moitié Histoire; cet ou-vrage est demeuré par les chem ins, fort près d’ar -river au gîte. C’est un composé de visions, dira-t-on, d’accord : pouvons-nous donner autre cho-ie que des visions? Tout est incompréhensible,tout est inexplicable dans la nature, ík nous-mê-mes qui en raisonnons : ceux qui croient l’incom-préheniìbilité de toutes choses ne sijnt peut-êtrepas les moins raisonnables.

(a) De nouveaux ouvrages succédant toujours auxpremiers. ] Le siège de Lylibée est* lans contreditle chef-d’œuvre de l’art 8c de la capacité Romai-ne. Tous les autres dont l’Histoire fait mentionavant la première guerre Punique, méritent à pei-ne notre attention, ou sont peu dignes de remar-que. Dans celui de Lylibée le courage 8c l’intelli-gence paraissent tout à découvert, 8c le plus ha-bile des deux Antagonistes y reçoit une couronnedigne du zélé avec lequel il défendit cette place :il est plus grand homme que celui qui la lui vou-loir enlever, mais celui-ci n’est pas moins dignedes éloges de la postérité.. La portion du Lazard,qui est presque en tout la plus grosse à la guerre,est ici réduite à rien. Nous voions, dans ce siègecélébré, toutes les pratiques dont es Modernes sefont honneur très-faussement, c’est-a-dire, lestranchées 8c les grandes parallèles ; les galleries sou-terraines, 8tc. 8c tout ce que nous pratiquonsdans la défense, ou ce que nos pères ont pratiquéavec beaucoup plus d’intelligence 8c de^ valeur ;car depuis plus d’un siécle nous n’avons vu ni ouiparler d’aucun assaut général soutenu au corps dela place, 8c une garnison qui aime mieux millefois périr que de se rendre, 8c qui éprouve lesplus affreuses misères. Nous ne connoistòns qu’unseul homme de nos jours qui ait rempli son de-voir sor ce point dans toute son étendue. Ce phé-nomène d’intrépidité se trouve dans la défense de

Tortone en \jo6. Le Gouverneur, qui étoit Es-pagnol, soutint bravement l’assaut, 8c se fit tuersor la brèche du corps de fa place.

Imilcon, après avoir soutenu divers assauts, 8cdéfendu ses brèches, se retranche encore dans l’i®'térieur de la ville, 8c s’y maintient fans pouvoirêtre emporté. Ces sortes de défenses sont tres-communes chez les Anciens. Nos ancêtres lesont imitez, sinon avec autant d’intelligence, dumoins avec autant de valeur : j ’entens ici par noSancêtres les nations de toute l’Europe, 8c un es-pace de trois siécles entr’elles & nous.

Nous coupons nos bastions lorlquçjes assiégeanscommencent de battre en brèche le corps de 1»place: qui ne croiroit, à voir une garnison occu-pée à ses sortes d’ouvrages, qu’elle veut soutenirl’aflàut, 8c cependant c’est à quoi l’on pense I emoins. Nos plus belles défenses ne nous offrentaucun exemple de ces sortes d’actions vigoureu-ses.

Les tours bastionnées du Maréchal de Vauba 11sont très-bonnes; mais jusqu’ici nous n’avons p âSvû qu’aucun de ceux qui ont défendu Landau,ait fait le moindre usage. On diroit qu’elles n’osltété faites que pour la montre.

Un siège, pour être digne de l’admiration d« sexperts, ou de leurs éloges, ne consiste pas dai> sla grandeur des préparatifs, ni dans la durée : toujcela ne signifie rien. On me demandera en qu?*donc je fais consister le mérite d’un siège. )eré-pondrai que c’est en l’habileté : deux antagonistene peuvent-ils pas être deux hommes très-borne z >deux manoeuvres, l’un pourtant un peu moin smanoeuvre que l’autre ? Ils ne laisseront pas por-tant que de 1 être tous les deux, au jugement deconnoisseurs, qui ne verront rien que de médse'cre dans ce qu’ils feront, soit dans l’attaque, fy 1dans la défense. Cela n’empêche pas que le í e ê ene tire en longueur, 8c n’aille son train,parce q uíl’un sera un génie très-médiocre, 8c l’autre tqUà fait lourd, qui l’attaquera très-mal. Si celui ^