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Tome I.
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livre I. C H A P. X. l§9

nouveaux ouvrages succédant toujours aux premiers, Sc s’avançant dcplus en plus, enfin ils culbutèrent six tours qui étoient du même côtéque la précédente, Sc entreprirent de jetter bas les autres à coups debélier. Comme ce siège íè poufïòit avec beaucoup de chaleur, que destours il y en avoit chaque jour qui menaçoient ruine, Sc d’autres qui é-toient renversées, que les ouvrages s’avançoient de plus en plus, & jus-qu’au dedans de la ville, les assiégez étoient dans une épouvante &uneconsternation extrême, quoique la garnison fût de plus de dix mille sol-dats étrangers, íans compter les habitans, Sc qu’Imilcon qui comman-doir fît tout ce qui étoit possible pour se bien défendre, Sc arrêter lesprogrès des assiégeant II relevois les brèches, il faisoit des contremi-nes. Chaque jour il voltigeoit de côté Sc d’autre, il guêtoit lemomeritoù il pourroit mettre le feu aux machines : Sc pour le pouvoir, il livroitjour Sc nuit des combats plus fanglans quelquefois, Sc plus meurtriers,que ne font ordinairement les batailles rangées.

Pendant cette généreuse défense, quelques uns des principaux Offi- Trahi *ciers des soldats étrangers, complotèrent entr’eux de livrer la ville auxíouva-Romains. Persuadez de la soumission de leurs soldats, ils passent denuit dans le camp des Romains, Sc font part au Consul de leur projet.

Un Achéen, nommé Alexon, qui autrefois avoit sauvé Agrigente d’u-ne trahison que les troupes à la solde des Syracusains avoient traméecontre cette ville, aiant découvert le premier la conspiration, en alla

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né se rebute pas > il faut bien que la place se ren-de. Le voilà très-gloiicux de à conquête, l’autrene le sera pas moins de fa défense : tous les deuxéblouiront les sots, mais les gens éclairez, qui ontla vue moins foible, en penseront tout differem-went.

S’il faut le dire en prisent, tous les sièges fontpresque les mêmes dans l’attaque comme dans ladéfense. Celle-ci paroît une seience dans les An-Cle ns, & même très-profonde : c’est aujourd’huiUtle routine, Iautre Test encore plus; on ne vaPas p] us [où, q Ue certaines régies déja surannées,■dr lieu que les habiles gens servent des méthodesdifférentes dans leur façon d’affiéger ou de se dé-tendre; il j a toujours quelque nouveauté,6c íou-'tent tout est nouveau dans une défense. II estdes sièges comme des batailles: un Général duc °mmun en gagnera dix contre un autre très-au -dessous, Quel dégât dc superlatifs 8c d élogesa mbulatoires.' II sera mis tout au moins au ni-¥e au de Léser 8c du grand Alexandre. S’il enrencontre un autre fort au dessous de ces deux8 r ands hommes, mais pourtant fort au deflus. lui,il en perdra autant 8c au-delà qu'il en au-fa gagné , le voilà dégradé de tous ces titresP°rnpeux de grand homme, d’homme excellent :j. sembera dans le dernier mépris, tzc il en serad >gne.

Tom. I ;

Le siège de Lilybéc est mémorable, parce quela science 8c la valeur se trouvent dans les Chefsdes deux partis. Rien de plus savant, rien deplus beau, rien de plus instructif que cette atta-que, rien de plus admirable 8c de plus profondque cette défense : tout ce que l’art a de plus finà de plus rusé, paroît ici au plus haut degré deperfection. On y volt tout ce que nous avonsde chicanes, parallèles, seppes , rctranchemensderrière les brèches, jusques dans l'intérieur dela ville , galeries souterraines, contre - galeries,combats dans ces lieux souterrains : ceux quisont les moins taupes des yeux 8c de l’esprit,rendent inutiles les ouvrages des autres; tout cequi se passe sous terre est admirable , tout cequ’onvolt dessus est surprenant. A-t-on jamais oui par-ler d un siège, où les sorties sont des batailles enforme, 8c où l'on perd tout autant de monde,soit pour renverser les travaux, soit pour les dé-fendre. Voilà assurément un beau se j et de Com-mentaire , nous n’avons garde de le laisser écha-per. II nous a fourni un ouvrage régulier de l’at-taque 8c de la défense des places des Anciens, 8cun nombre ^observations fur ces deux parties’ dela guerre. comme c est ici un des endroits lesplus curieux, le plus neuf 8c le plus intéressent dece grand ouvrage, j’y renvoie le Lecteur, qui letrouvera a se fin du premier Livre de Polybe.

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