Band 
Tome I.
Seite
174
JPEG-Download
 

, 74 HISTOIRE DÉ POLYBE,

ces Isles qui sont devant Lilybée, & le lendemain un vent frais s’étantélevé j il passe au travers des ennemis que son audace étonne, il entredans le port à la quatrième heure du jour, & se dispose dès le lende-main à revenir sur ses pas. Le Consul, pour lui opposer une garde plussûre, tient prêts pendant la nuit dix de ses meilleurs vaisseaux , & duport, lui Sc toute son armée observent les démarches du Rhodien. Cesdix vaisseaux étoient placez aux deux cotez de l’entrée ; autant près dufable que l’on pouvoit en approcher> les rames levées, ils étoient com-me prêts à voler 8c à fondre fur Annibal. Celui-ci, malgré toutes cesprécautions, vient effrontément, insulte à ses ennemis, 8c les décon-certe par fa hardiesse Sc la légéreté de fa galère. Non seulement il pis-se au travers fans en rien souffrir lui ni ion monde, mais il approched’eux, il tourne alentour, il fait lever les rames 6c s’arrête, commepour les attirer au combat : personne n’osant se présenter, il reprend saroute, 8c brave ainsi avec une seule galère toute la flotte des Romains.Cette manœuvre, qu’il fit souvent dans la fuite, fut d’une grande uti-lité pour les Carthaginois 8c pour les assiégez ; car par là on fut instruità Carthage de tout ce qu’il étoit important de savoir, à Lilybée oncommença à bien espérer du siège, 8c la terreur se répandit parmi les af-flégeans. Cette hardiesse du Rhodien venoit de ce qu’il avoir apprispar expérience quelle route il falloit tenir entre les bancs de fable quisont à l’entrée du port. Pour cela il gagnoit d’abord la haute mer : puisapprochant comme s’il revenait d’Italie, il tournoit tellement fa prouedu côté de la tour qui est fur le bord de la mer, qu’il ne voioit pas cel-les qui regardent l’Afrique. C’est aussi le seul moien qu’il y ait pourprendre avec un bon vent l’entrée du port.

L’éxemple du Rhodien fut suivi par d’autres qui savoient les mêmesroutes. Les Romains, que cela n’accommodoit pas, se mirent en têtede combler cette entrée : mais la chose étoit au-deílus de leurs forces.La mer avoit là trop de profondeur. Rien de ce qu’ils y jettoient nedemeuroit où il étoit nécessaire. Les flots, la rapidité du courant em-portoient & diísipoient les matériaux avant même qu’ils arrivassent aufond. Seulement dans un endroit, où il y avoit des bancs de fable,ils firent à grand-peine une levée. Une galère à quatre rangs voltigeantpendant la nuit, y fut arrêtée, Sc tomba entre leurs mains. Comme

elle

Phéniciens s'étant donc embarquez, fur la mer Rou-ge, entrèrent dans la mer Australe-, & quand 1‘Au-tomne étoit venu , ils defeendoient à terre, semaientdes bleds en tous les endroits de VAfrique ou ils pas-soient, y attendaient la moisson, eff partaient lors-qu ils avoient moissonné. Ain fi après avoir voìagédeux ans , ils arrivèrent la troisième année vers lesColonnes^ d’Hercule, & de là ils retournèrent en E-gypte, ou ils dirent des choses que je ne feaurois croi-re , & <i ue peut-être un autre croira. En effet ils

rapportèrent qu'en voiageant à Ventour de l’Afrique*ils avoient eu le Soleil à droite. Ce fut par ce moier>que la Lybie fut premièrement connue. Je ne doutepoint que ce pafíâge d’Hérodote n’ait excité Je sPortugais de tenter l’avanture de tourner FA fr*'que; 3s n’ont donc pas été les premiers qui aiententrepris un si grand voiage, puiique tant d’aU'tres avant eux avoient. tourné çette partie éumonde.